LE DÉPARTEMENT D’ETAT US L’A RÉAFFIRMÉ : Les États-Unis ne reconnaissent aucune souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental

Le département d’État américain à de nouveau réaffirmé que le statut du Sahara occidental reste à déterminer, rejetant sans ambages la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire non autonome de l’ONU. Cette affirmation a été réitérée mercredi soir à Washington par l’ambassadeur Michael Kozak, haut responsable du bureau chargé de la démocratie, des droits de l’homme et du travail au département d’État, à l’occasion d’un briefing sur la situation des droits de l’Homme dans le monde. L’ambassadeur Kozak a expliqué que le département d’État consacrait chaque année un rapport au Sahara occidental séparé de celui du Maroc car il s’agit bien d’un territoire dont le statut final reste à déterminer. Pour « le Sahara Occidental il y a un rapport distinct car son statut demeure encore indéterminé », a-t-il déclaré lors de ce briefing. Le diplomate américain a indiqué que les rapports sur les droits de l’Homme produits par le département d’État sont exigés par le Congrès pour être mieux informé sur ces pays et territoires lorsque le gouvernement américain est appelé à prendre des décisions les concernant que ce soit en matière d’assistance ou de commerce. Il a précisé que les éléments contenus dans ces rapports servent de base aux responsables de l’administration américaine pour concevoir leurs politiques sur un pays donné en toute connaissance de cause. La dernière liste des dépendances et territoires à souveraineté spéciale, établie par le département d’État, a confirmé que l’administration américaine ne reconnaissait pas la prétendue « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental.
Le Département d’État qui a introduit fin 2016 quelques changements à cette liste a maintenu sa position sur le territoire sahraoui, soulignant que sa souveraineté « reste à déterminer ». Dans les précisions apportées par le bureau du renseignement et de la recherche relevant du département d’État, l’administration américaine a réaffirmé également qu’elle ne reconnaissait « aucune puissance administrante » dans ce territoire ce qui constitue un désaveu cinglant à la thèse « de la marocanité du Sahara occidental » que Rabat veut imposer de force. Par ailleurs, le rapport 2018 du département d’État sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental occupé précise que sur les questions relatives aux droits humains dans ce territoire s’apparentent à ceux du Maroc internationalement reconnu. Le rapport évoque, entre autres, la torture et les mauvais traitements, la corruption, les restrictions à la liberté d’expression et l’incrimination des contenus critiquant la monarchie ou revendiquant l’indépendance du territoire. Le département de Mike Pompeo relève que l’absence de rapports d’enquêtes ou de poursuites judiciaires sur les cas de violation des droits de l’Homme au Sahara occidental par les autorités marocaines, dans les services de sécurité ou ailleurs dans le gouvernement, a contribué à la perception répandue d’impunité. Citant le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental, le département d’État a indiqué que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme continuait de recevoir des informations faisant état de l’impunité des responsables d’actes de torture.
M. Bendib