Le Club des prisonniers palestiniens a tenu, hier, l’administration des prisons de l’occupant sioniste pour entièrement responsable de ce qu’il qualifie de « tentative d’assassinat délibérée » contre le détenu palestinien Ghassan Ibrahim Zawahra, originaire du camp de réfugiés de Deheisheh, dans le gouvernorat de Bethléem.
Selon l’organisation, les sévices infligés au prisonnier constituent un nouvel épisode de la politique de répression systématique exercée contre les détenus palestiniens.
Dans un communiqué, le Club des prisonniers affirme que les unités de répression relevant de l’administration pénitentiaire ont tiré à plusieurs reprises des balles en caoutchouc sur Ghassan Zawahra à l’intérieur de la prison du Néguev (Naqab). Ces faits seraient survenus après son transfert, le 8 juin dernier, depuis la prison de Janot-Rimon. Dès son arrivée, le détenu aurait été soumis à des fouilles à nu humiliantes, accompagnées de passages à tabac particulièrement violents. L’organisation précise qu’une nouvelle opération de répression a été menée le 17 juin par l’unité spéciale dite « Metsada », au cours de laquelle des balles en caoutchouc ont été tirées sur les prisonniers. Ghassan Zawahra a alors été atteint à la cuisse. Lors d’une visite récente, le détenu a déclaré que les forces de répression avaient ensuite délibérément tiré sur lui une troisième fois, lui infligeant de graves blessures et une importante hémorragie. Selon son témoignage, malgré son état critique, les gardiens l’ont extrait de sa cellule et l’ont contraint à marcher. Incapable de se déplacer en raison de la perte de sang, il s’est effondré dans la cour de la prison avant de perdre connaissance. Le prisonnier relate également que, lorsqu’il a repris conscience, un gardien avait découpé son pantalon au niveau du genou afin d’examiner sa blessure, avant qu’il ne soit traîné jusqu’à l’infirmerie. À son réveil, il affirme s’être retrouvé entouré de gardiens qui continuaient à l’insulter et à l’humilier. Il rapporte qu’un gardien aurait demandé au médecin : « Où mettons-nous ce chien ? », en parlant de lui. Après avoir de nouveau perdu connaissance, il a été transféré à l’hôpital Soroka, où il a subi une intervention chirurgicale. Le jour même, il aurait été reconduit à la prison à bord d’un véhicule de transfert des détenus (« Bosta »), où il affirme avoir été une nouvelle fois violemment battu à l’aide de matraques. Le Club des prisonniers souligne que les éléments rendus publics ne représentent qu’une partie des violences subies par Ghassan Zawahra. D’autres détails, jugés particulièrement choquants, n’ont pas été divulgués. L’organisation estime néanmoins que les faits disponibles démontrent une volonté délibérée de tuer le détenu à travers des tirs répétés de balles en caoutchouc. Elle indique par ailleurs que le prisonnier a récemment été transféré de nouveau vers la prison de Janot. Ancien détenu, Ghassan Zawahra a passé au total 17 années dans les prisons de l’occupant, dont sept années en vertu de condamnations effectives, tandis que le reste de sa détention s’est déroulé sous le régime de la détention administrative. Réarrêté en février 2025, il a de nouveau été placé en détention administrative. Le Club rappelle également que Ghassan Zawahra est le frère du martyr Moataz Zawahra et que son autre frère, Mohammed Zawahra, a lui aussi été arrêté par les forces d’occupation. Marié et père de quatre enfants, il a perdu son père au deuxième jour de sa dernière arrestation. Au fil de ses années de détention, il aurait été soumis à des actes répétés de torture et de mauvais traitements, tout en menant plusieurs grèves de la faim. Sa famille aurait également fait l’objet de nombreuses opérations de harcèlement, son domicile ayant été perquisitionné à des dizaines de reprises. Avant sa dernière arrestation, il était recherché par les forces de l’occupation. En conclusion, le Club des prisonniers palestiniens considère que les violences infligées à Ghassan Zawahra constituent « un crime pleinement constitué », s’inscrivant, selon lui, dans le cadre des milliers d’exactions commises contre les prisonniers et détenus palestiniens depuis le début de la guerre contre la bande de Ghaza. L’organisation affirme que les prisons et centres de détention de l’occupant sont devenus un système organisé de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants, en violation flagrante du droit international humanitaire et des conventions internationales relatives aux droits de l’homme. Elle appelle enfin la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de mettre un terme à l’impunité et de traduire les responsables devant la justice.
M. Seghilani
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