Libye

Lamamra et Belani détricotent les mensonges des responsables marocains : L’Algérie décidée à ne plus tolérer les errements et les hostilités du Maroc

Dans une déclaration à la chaîne CNN, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a qualifié, à propos de la rupture des relations diplomatiques de l’Algérie avec le Maroc, de message approprié, « au gouvernement du pays voisin après des actes hostiles à sa souveraineté et son unité ». Il n’a pas manqué dans l’entretien qu’il a livré à la chaîne américaine d’information d’affirmer que l’Algérie a fait preuve de patience face à des actes que le Maroc a commis contre sa souveraineté et son unité. « C’est pour cela que nous pensons qu’une telle décision (la rupture des relations) a envoyé le message approprié au gouvernement du Maroc pour lui signifier que nous ne pouvions nous permettre d’accepter davantage le comportement de ce pays voisin », a indiqué le ministre des Affaires étrangères au cours de l’interview diffusée mardi. Il a estimé que la décision de rupture des relations diplomatiques, « est une manière civilisée de mettre un terme à une situation qui ne pouvait durer davantage sans causer de dommages et qui risquait de mener les deux pays vers une voie non souhaitable ». Le ministre des affaires étrangères a estimé que l’Algérie ne pouvait plus tolérer les errements du Maroc qui n’avait pas hésité à s’attaquer à sa souveraineté et son unité en soutenant ouvertement une prétendue volonté d’indépendance de la Kabylie. Il a rappelé dans ce contexte les propos irréfléchis, en juillet dernier, de l’ambassadeur permanent du Maroc aux Nations unies, qui avaient motivé une demande d’explication de l’Algérie mais qui est restée sans suite, a-t-il indiqué tout en précisant que face à une situation pareille, « deux Etats ne pouvaient continuer à entretenir des relations diplomatiques et la rupture des relations devenait inéluctable ». Pour sa part l’envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental, Amar Belani a qualifié, à Genève, de mensongères et de grossière manipulation les allégations du gouvernement de Rabat sur une prétendue présence d’instructeurs du Hezbollah dans les camps de réfugiés de Tindouf. Cet argumentaire du Maroc pour justifier une offensive diplomatique hostile à l’Algérie et la RASD n’est pas nouveau, puisqu’il en avait usé, sans succès, en 2018. « L’étoffe de certains diplomates marocains est un tissu de mensonges qu’ils tricotent inlassablement, notamment lorsqu’ils sont acculés par les appels pressants émanant des groupes de soutien à la cause juste du peuple du Sahara occidental », a déclaré Amar Belani à l’agence officielle APS en réaction à une lettre adressée, mi- septembre courant, par l’ambassadeur du Maroc à la 48ème session du Conseil des droits de l’Homme à Genève.

La diplomatie marocaine excelle par le recyclage des mensonges
« L’ambassadeur marocain Omar Zniber, tout comme son prédécesseur, sont des stakhanovistes de la manipulation grossière. Ils sont passés maîtres dans l’art de recycler les mensonges éhontés de leur ministre qui avait inventé de toutes pièces, en mai 2018, la fable grotesque des instructeurs du Hezbollah, qui avait été déconstruite et démentie dans les faits », a affirmé le diplomate algérien. « L’on se souvient que le royaume du Maroc était à la recherche d’un prétexte, pour annoncer la rupture des relations diplomatiques avec un pays du Moyen-Orient et engranger ainsi des dividendes auprès de certains partenaires régionaux et extrarégionaux » », -t-il signalé.. « Tout ceci pour dire que la corde du mensonge est courte, que les propos de l’ambassadeur marocain sont sans intérêt et que la mobilisation à Genève va prendre de l’ampleur pour dénoncer la répression, les violations méthodiques et délibérées des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental », a conclu Amar Belani. Mais ce que cache en réalité le Maroc est qu’il a fait appel à des instructeurs israéliens et émiratis, qui assistent son armée dans certaines opérations militaires. Il y’a quelques mois, deux experts émiratis, spécialisés dans le guidage de drones, présents dans une caserne marocaine implantée dans les territoires occupés du Sahara occidental, ciblée par un raid de l’ALPS, avaient été grièvement blessés par l’explosion d’un obus. Des sources médiatiques avaient même annoncé le décès de l’un d’eux ce qui avait poussé les autorités de son pays à exiger de Rabat d’assurer la sécurité de ses instructeurs affectés dans une zone de conflit. Récemment, des sources diplomatiques ont fait état de l’envoi prochain, d’experts israéliens au Maroc. Officiellement cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’accord d’assistance et de coopération conclu à l’occasion de la visite du premier ministre israélien à rabat, mais en réalité, elle traduit la volonté du Maroc, à profiter de l’expérience de Tsahal dans ses affrontements avec la guérilla, les résistances palestinienne et libanaise, qui d’ailleurs ont donné des coups durs à l’armée israëlienne. Le Maroc est en train de faire du lobbying et de rameuter tous ses soutiens non seulement pour l’assister dans son effort de guerre contre le Front Polisario mais aussi pour tenter d’exclure le membre fondateur de l’UA, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) Pour ce faire, il a même poussé l’outrecuidance jusqu’à militer pour l’octroi à Israël du statut d’observateur à l’UA, au mépris des principes fondateurs de cette union continentale qui a, à maintes reprises affirmé et réaffirmé son soutien à la cause juste du peuple palestinien.
Slimane B.