L’ALGÉRIE PORTE AU-DELA DE SES FRONTIÈRES LA LUTTE CONTRE LA DROGUE : C’est l’affaire de toute l’Afrique

0

L’Algérie donne une dimension continentale et régionale à sa lutte contre le trafic de stupéfiants, comme le confirme la participation d’une délégation algérienne, conduite par Tarek Kour, directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLD, rattaché au ministère de la Justice), à la trente-troisième réunion annuelle des chefs des agences nationales de lutte contre la drogue en Afrique (HONLEA-Afrique, Heads of National Drug Law Enforcement Agencies, Africa), qui se tient du 8 au 11 septembre 2026, à Vienne (Autriche).
La délégation algérienne comprend des représentants du ministère de la Justice, des services de sécurité et de la Mission permanente de l’Algérie auprès de l’Office des Nations unies et d’autres organisations internationales à Vienne. Des représentants de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de la Commission de l’Union africaine participent également à cette initiative. Cela témoigne, fait-on remarquer, de la volonté de renforcer la coopération régionale et internationale et de coordonner les efforts de lutte contre le fléau de la drogue et son trafic illicite. Au plan national, on sait que l’Algérie a franchi un palier stratégique en se dotant d’une force de sécurité antidrogue spécialisée et en affectant une prison de haute sécurité dans une zone désertique reculée du sud du pays destinée aux barons de la drogue. Les spécialistes ont considéré qu’il s’agit d’une « étape décisive » dans le processus engagé par l’Algérie pour éradiquer les crimes liés aux drogues, à travers « le passage du traitement sécuritaire traditionnel au déclenchement d’une guerre systématique contre les réseaux de criminalité organisée transfrontalière ». En prolongement de cette démarche, l’Algérie propose, selon l‘ONLD, une approche africaine qui repose sur la coopération, l’échange d’informations, la coordination des actions opérationnelles et judiciaires, ainsi que sur le renforcement de la prévention et de la réduction de la demande. Il s’agit de tenir compte des transformations rapides des réseaux de trafic illicite et de la dimension transnationale croissante du crime organisé. L’Algérie réaffirme son engagement à poursuivre sa collaboration avec les pays africains et les organisations internationales spécialisées, et à intensifier les efforts collectifs de lutte contre la drogue et les réseaux de trafic, contribuant ainsi à la protection des sociétés et au renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux national et régional. C’est une occasion importante pour l’Algérie de mettre en valeur son expérience et sa vision nationales en matière de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Pour rappel, le Rapport mondial sur les drogues 2026, publié en juin dernier par l’ONUDC, a fait savoir que les fabricants de drogues illicites continuent d’inventer de nouvelles drogues synthétiques pour contourner les réglementations et échapper à la détection. Ce fait est confirmé par l’existence au Maroc de laboratoires secrets spécialisés dans la fabrication des types les plus dangereux des psychotropes et de substances hallucinogènes, avec la complaisance et le laisser-faire du Makhzen. Pour les spécialistes, la multiplication des substances, le développement de la fabrication, l’extension géographique des réseaux et leurs ramifications internationales ne correspondent plus à un simple phénomène de trafic, mais à une économie criminelle structurée et adaptable installée au Maroc, nourrie par les revenus de la criminalité, dont les réseaux de migration clandestine. Ils estiment que le Maroc n’apparaît plus seulement comme un territoire de production et de transit du cannabis. Il devient également un espace où se développent la transformation de la cocaïne, la fabrication de psychotropes et la production de substances telles que la « boufa » (appelée « cocaïne des pauvres », préparée à partir de résidus de cocaïne, de produits chimiques et d’autres substances psychoactives) et le « karkoubi » (fabriqué à partir de médicaments, dont certains destinés au traitement de l’épilepsie, avant d’être transformés en drogue).
M’hamed Rebah