À LA VEILLE D’UNE RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU CONSACRÉE AU DOSSIER DU SAHARA OCCIDENTAL : Brahim Ghali appelle l’ONUà assumer ses responsabilités

0
Brahim Ghali, président de la RASD

Dans un message adressé à Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, le président de la République et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé l’instance onusienne à prendre ses responsabilités en usant de tous les moyens diplomatiques disponibles pour accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental.
Dans son message, il a rappelé que le conflit dure depuis plus d’un demi-siècle, depuis l’invasion militaire du territoire par le Maroc le 31 octobre 1975.
Cette initiative du président de la RASD intervient à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU prévue en octobre prochain conformément aux résolutions  d’une précédente réunion, tenue le 31 octobre 2025 qui avait reconnu le  droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et prolongé le mandat de la Minurso d’une année (résolution 2797).   
M. Ghali a rappelé que le Sahara occidental demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies en attente de décolonisation et que la poursuite de l’occupation marocaine constitue l’obstacle majeur à l’exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
Tout en dénonçant le jeu trouble du Maroc et son intransigeance à refuser de  respecter ses engagements au titre du Plan de règlement ONU-OUA de 1991, M Ghali a réaffirmé la bonne foi du Front Polisario et sa disposition à mener des négociations directes sous l’égide de l’ONU. Dans son message, le président de la RASD a rappelé la participation active du Polisario aux trois réunions ministérielles informelles coprésidées par l’ONU et les États-Unis en janvier et février 2026, ainsi que le dépôt du Front Polisario de propositions de règlement adaptées, notamment la proposition initiale du 10 avril 2007 et sa version élargie soumise le 20 octobre 2025. Contrairement au Maroc qui tente, en entretenant le statuquo, de faire admettre son plan d’autonomie qui est d’essence contraire à la légalité internationale et aux différentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Président Ghali a encore une fois rappelé le rejet catégorique de toute solution unilatérale ou de pseudo-solutions visant à légitimer le fait accompli colonial ou à contourner la pleine souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire national. Une position légitime soutenue par la légalité internationale et par la volonté du peuple sahraoui de jouir de sa liberté à disposer de son sort.   Abordant la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés, Brahim Ghali a dénoncé une politique «multiforme» de répressions, d’intimidations et de châtiments collectifs ciblant les militants, journalistes et défenseurs des droits humains sahraouis.
Il a appelé, dans ce cadre,  Antonio Guterres à user de ses bons offices afin d’obtenir la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques sahraouis, en particulier le groupe de Gdeïm Izik, soumis à des détentions prolongées et à de sévères restrictions loin de leurs familles : Dans son message, il a également critiqué le déni d’accès au territoire imposé par les autorités marocaines aux observateurs internationaux, ONG et journalistes, rappelant notamment que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) se voit refuser l’entrée au Sahara occidental occupé depuis 2015 ce qui est contraire aux dispositions des mandats des organismes onusiens. Il a, par ailleurs, mis en garde contre la politique de modification démographique menée par la puissance occupante à travers l’expulsion de civils sahraouis et l’installation de colons, avertissant l’ONU que l’absence d’une réponse ferme face à cette situation risque d’engendrer une instabilité de lourdes conséquences pour la paix et la sécurité régionales. Il faut rappeler, dans ce cadre, que depuis quelques années, le colonisateur marocain s’est lancé dans une vaste dynamique de création de colonies dans les territoires occupés en accordant des assiettes foncières, des crédits bancaires et même des incitations fiscales pour encourager des investisseurs marocains et étrangers à s’installer au Sahara occidental occupé. De plus, il mène une véritable opération de brigandage en exploitant, au mépris des lois, les ressources naturelles du peuple sahraoui, une dynamique dénoncée par de nombreuses ONG et contrée par les gouvernements de certains pays qui ont refusé l’accès dans leurs territoires aux produits issus des territoires occupés.
Slimane B.