La 4e Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a adopté le jeudi 15 octobre 2026 un projet de résolution réaffirmant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Le texte (projet de résolution A/C.4/81/L.4) a été approuvé par une large majorité de 152 voix pour, avec 2 voix contre et 7 abstentions.
Le Maroc, dont la délégation envisageait initialement de s’abstenir ou de s’opposer, s’est finalement fait Hara-kiri en votant en faveur du texte face à l’ampleur du soutien des États membres. La résolution confirme le Sahara occidental comme un territoire non autonome et réaffirme que la question relève du processus de décolonisation, s’appuyant notamment sur la résolution 1514 de l’ONU. La résolution est conforme à la doctrine des Nations unies en matière de décolonisation. Elle repose sur le principe fondamental du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (autodétermination). Il faut aussi souligner que la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée le 31 octobre 2025 inclut le principe de l’autodétermination contrairement à la propagande du Makhzen qui évoque une prétendue « centralité » de son plan d’autonomie dans le texte.
C’est une victoire éclatante pour le peuple sahraoui et pour la légalité internationale et un couperet qui tombe sur les ambitions du Maroc et ses soutiens de parvenir à une situation de fait accompli en faisant prévaloir son prétendu plan de large autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Hassen Kacimi, spécialiste des questions géopolitiques estime que, « le Maroc a voté pour cette résolution, dans une dernière manœuvre mortelle, pour ne pas perdre la face et pour faire croire à son opinion publique nationale que 152 pays ont soutenu le Maroc, alors que le verdict est tombé et le Maroc a perdu, avec un score sans appel où 152 pays ont voté pour la décolonisation du Sahara Occidental ».
Un vote qui piège le Maroc qui se retrouve dos au mur, avec la seule alternative d’organiser un référendum d’autodétermination pour le peuple Sahraoui
De Mistura qui a fait une volteface surprenante sur le dossier du Sahara Occidental a été superbement désavoué par les Nations Unies qui ont rejeté son rapport très partial ». Ce vote est en réalité une voie vers la fin du représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, De Mistura, qui a outrepassé ses attributions de juge impartial pour vêtir le costume d’un soutien pour le plan marocain. Hasseb Kacimi estime que, « comme le Conseil de Sécurité doit se réunir fin octobre 2026, pour statuer sur le dossier du Sahara occidental, celui-ci doit tenir compte de la résolution d’octobre 2026 des Nations unies qui refuse de cautionner le plan d’autonomie, sous souveraineté marocaine.
Désormais, sur le plan du droit international, on peut considérer que le plan d’autonomie, sous souveraineté Marocaine, est définitivement enterré.
Il ne reste au Conseil de Sécurité que de proroger le mandat de la Minurso et d’arrêter un échéancier pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple Sahraoui », a-t-il estimé. Cela suppose que le plan de négociations engagé par les USA, qui avait conduit à des rencontres entre le Maroc et le Polisario à Madrid en présence de l’Algérie et de la Mauritanie comme observateurs, est lui aussi enterré.
Une prochaine étape au jeu très serré
D’ailleurs cette option est évoquée par Hassen Kacimi qui affirme que, « le jeu sera très serré lors de la prochaine réunion du Conseil de Sécurité. Les Américains ne pourront plus faire cavalier seul et il leur sera très difficile d’imposer cette fois-ci le plan Marocain. Le vote des Russes et des Chinois pour la décolonisation du Sahara Occidental est un élément nouveau. Une telle position politique sera décisive au sein du Conseil de Sécurité, lors du prochain vote. Les Américains savent maintenant que le Conseil de Sécurité doit respecter la légalité internationale et toute tentative de la saborder fera l’objet d’un véto Russe et Chinois ».
Ce vote met dans une position embarrassante les soutiens du Maroc. « La France, la mort dans l’âme, qui a subi une défaite qui ressemble à celle de Napoléon à Waterloo, n’a rien pu faire cette fois-ci pour sauver le Makhzen, isolé sur le plan international. La propagande Marocaine sur le soutien international du Sahara marocain tombe piteusement à l’eau. Malgré l’argent du Haschich et le lobby sioniste, la diplomatie du Makhzen n’a pu mobiliser en sa faveur que deux pays », estime le politologue qui souligne que, « derrière les coulisses, un travail colossal de l’Algérie a été entrepris et qui a réussi à mobiliser 152 pays, laissant au Maroc deux pays pour le soutenir.
Le vote du Conseil de sécurité, sur ce dossier, devant intervenir fin octobre 2026. Il devra inévitablement soutenir la légalité internationale et programmer l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple Sahraoui ».
Il s’agit pour les représentants du peuple sahraoui de tenter de gagner plus de soutiens à la cause pour contraindre le Conseil de sécurité à voter des résolutions contraignantes qui vont pousser le Maroc à revenir à la table des négociations pour discuter cette fois des modalités pratiques pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, défini comme seul cadre légal et juste de règlement du conflit du Sahara occidental.
Le vote par la 4e commission de l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution qui reconnait au Sahara occidental le caractère de territoire non autonome va pousser l’Union européenne et les autres pays ayant signé des contrats avec le Maroc permettant le pillage du peuple sahraoui à revoir leur stratégie et surtout à déclarer caducs ces contrats qui sont contraires au droit international. Et en attendant, selon plusieurs sources, le nouveau chef du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, prévoit de rappeler Omar Hilal qui aurait nui aux intérêts du royaume.
Slimane B.

