Parmi les membres de notre diaspora reçus par notre secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, M. Sofiane Chaib, jeudi dernier, étaient également présents des moudjahidine. Donc des témoins des massacres commis le 17 octobre 1961 à Paris. Ils savent que même si c’est le préfet de Paris, Maurice Papon qui en a donné l’ordre à la police qu’il commande, il serait idiot de croire qu’il a agi en électron libre. Même le ministre de l’Intérieur, Roger Frey, dont il dépend lui-même, qui lui a ordonné de signer la décision du couvre-feu qui ne visait que les Algériens et de jeter dans la Seine ceux et celles qui passeraient outre, ne pouvait pas avoir agi de son propre chef. Frey faisait partie d’un gouvernement présidé par le Premier ministre, Michel Debré qui avait sous ses ordres tous les ministres. Michel Debré était un farouche partisan de « l’Algérie française ». Né à Paris en 1912. Son grand-père Simon Debré était le grand rabbin de Neuilly sur Seine en région parisienne. Rien ne laissait présager qu’il allait être contaminé par le virus des extrémistes de « l’Algérie française ». Et pourtant…Quant au président de la République de l’époque, le général De Gaulle, celui-ci avait besoin de Michel Debré au point de l’avoir couvert dans cet odieux massacre. Pour une raison simple : avoir pour premier ministre, un partisan de « l’Algérie française » c’est un gage donné à tous les extrémistes « algérophobe » qui étaient ainsi rassurés sur les intentions du Chef de l’Etat français. Jusqu’au jour où ils se sont rendus à l’évidence et ont crié à la « trahison » en tentant par cinq fois de l’assassiner. D’ailleurs dès la signature des accords d’Évian, Michel Debré démissionna moins d’un mois après. C’est lui qui a créé en 1959, la « Force de Police auxiliaire » (FPA) composée de Harkis et qui étaient appelés les « calots bleus », qui ont activement participé, avec la brutalité qu’on leur connaît, aux massacres de Paris du 17 octobre 1961. Depuis 65 ans, le narratif français des massacres du 17 octobre 1961 qui est validé tacitement par les autorités françaises, désigne un seul et unique coupable : Maurice Papon. C’est à peine s’ils ne disent pas que Paris est un territoire autonome gouverné par le dictateur Papon. Ce dernier, sert de fusible commode pour protéger les plus hauts dignitaires de l’État français contre d’éventuelles poursuites internationales. À l’approche des assises nationales de notre mémoire et de notre histoire, ce rappel des faits rétablit, sans conteste, la réalité d’une séquence historique que nos ennemis d’hier tentent de falsifier. Toute honte bue ! Autre gros mensonge que nous avons relevé : le célèbre site Wikipédia donne sa version du motif de la démission de Michel Debré. Il n’aurait pas été d’accord avec l’élection au suffrage universel direct du président de la république de la 5ème République. Il aurait mis 4 longues années pour s’en rendre compte puisqu’il a occupé le poste du 8 janvier 1959 au 14 avril 1962. Des faussaires pris en flagrant délit !
Zouhir Mebarki
