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LA CONFÉRENCE DE BERLIN II SUR LA LIBYE AURA LIEU DEMAIN : Le retrait des mercenaires et des forces étrangères, une des questions centrales

C’est demain que se tient la conférence de Berlin II sur la Libye en présence de hauts responsables libyens et notamment étrangers, dont le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken et ses collègues de pays occidentaux. L’enjeu principal du rendez-vous berlinois en est la volonté politique des présents à s’inscrire sur une réelle dynamique visant à assurer et réunir les conditions impératives pour le retour, dans la durée de la Libye à la vie politico-institutionnelle à l’arrêt, en raison des ingérences et interférences étrangères, depuis l’intervention de l’Otan en 2011.
Si la première conférence de Berlin sur la Libye, organisée janvier 2020, a eu le mérite d’asseoir et de promouvoir un processus visant à l’arrêt du conflit armé et des violences entre les Libyens, lequel a permis l’instauration du dialogue politique inter-libyen, aboutissant à la formation de nouvelles instances libyennes pour la tenue d’élections générales décembre prochain, demain, le départ des mercenaires et des soldats étrangers devrait être traité parmi les priorités. Avant la Conférence de Berlin II sur la Libye, demain, la question libyenne a été abordée lors du sommet de l’Otan, mi-juin courant, à Bruxelles et lors du tête à tête entre les présidents américain Joe Biden et son homologue de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine  mercredi dernier, à Genève. La première conférence de Berlin , janvier 2020 ayant réuni dans la capitale allemande, sous l’égide des Nations unies, les dirigeants des pays impliqués dans le conflit libyen est parvenue à un accord pour faire taire les armes et . moins d’une année après, le 13 novembre 2020, l’ONU annonce que les délégués libyens réunis en Tunisie sont parvenus à un accord prévoyant « des élections nationales le 24 décembre 2021 ». Garantir la tenue d’élections en Libye en fin d’année est fortement lié au retrait des soldats étrangers et mercenaires stationnés en Libye, estimés à plus de 20 000, par les Nations unies (ONU). Cette présence en Libye qui fait suite à l’intervention de l’Otan , en 2011 en Libye et des ingérences, depuis, des pays étrangers dans ce pays effondré présente selon des experts de la sécurité et des observateurs de la scène libyenne une réelle menace sur le cessez-le-feu, en vigueur et donc aussi sur le processus politique en cours et les présents demain, à Berlin sont attendus, notamment par le peuple libyen sur ces questions, lesquelles sont fondamentales pour conforter davantage le processus initié par la conférence de Berlin1et les objectifs tracés par le dialogue inter-libyen. Il est à rappeler que l’envoyé de l’ONU pour la Libye, Jan Kubis, a reconnu le 21 mai dernier que les progrès concernant le retrait des forces étrangères étaient au « point mort ». Si tout le monde s’accorde, de dire, de Washington, à Ankara et de Paris à Dubaï et de Moscou à Doha , que le retrait des forces étrangères est une question centrale, à résoudre, pour que la Libye puisse se débarrasser dans la durée du langage des armes et renouer avec la vie politico-institutionnelle, la traduction effective de cette volonté exprimée, sur le retrait des soldats et mercenaires étrangers n’a pas été à ce jour à l’ordre du jour, ni palpable sur le terrain. Une situation qui n’est pas non sans lien avec les divergences entre les principaux acteurs étrangers sur la scène libyenne, qu’il s’agisse entre membres de l’Otan ou entre ces derniers, Turquie, France et la Russie. Le conflit libyen ayant été largement alimenté, plus de dix ans, par des puissances extérieures, notamment dans le cadre de la course pour le contrôle des ressources énergétiques et les voies d’approvisionnement en énergie. La Libye étant un des pays riche en ressources naturelles et est visée par sa position dans la course géostratégique et aussi géopolitique. S’exprimant lundi dernier, devant des journalistes, l’émissaire spécial américain pour la Libye, Richard Norland a évoqué le lien entre le scrutin libyen prévu décembre prochain et le retrait de soldats étrangers. Pour Washington  l’un des principaux enjeux du scrutin était de mettre en place un gouvernement légitime, crédible et aux pleins pouvoirs afin qu’il « puisse contraindre » les acteurs étrangers à retirer leurs soldats de Libye. Il avait fait savoir que Les Etats-Unis discutent avec certains des acteurs clé du conflit en Libye du  retrait des forces étrangères  en amont des élections présidentielle et législatives prévues en décembre prochain, selon Richard Norland, déclarant que « des négociations sont en cours avec certains des acteurs clé afin de tenter de retirer certains des mercenaires et des combattants étrangers » a-t-il indiqué, à près d’une semaine de la tenue demain de la Conférence de Berlin II, sur la Libye.
Karima Bennour