INDUSTRIE PUBLIQUE

INDUSTRIE PUBLIQUE : La production tourne au ralenti

Sensée connaître un rebond après la baisse des prix du pétrole, l’industrie algérienne, dans le secteur public, tourne toujours au ralenti. Malgré le fort potentiel que recèle le secteur industriel, celui-ci a connu une baisse de 0,4% durant l’année écoulée. Cette baisse est expliquée par un faible rendement dans cinq filières ; à savoir : les industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et électroniques (ISMMEE), les hydrocarbures, les textiles, les matériaux de construction et, enfin, celui des bois, liège et papier.

Dans le détail, l’Office national des statistiques (ONS) a fait savoir qu’en 2018, les ISMMEE ont poursuivi leur baisse en enregistrant un recul de -7,4%, par rapport à 2017. Cette variation négative est due, selon la même source, à des baisses enregistrées essentiellement dans les branches de fabrication des biens intermédiaires métalliques, mécaniques et électriques (-9,9%), la fabrication des biens d’équipements mécaniques (-12%), la sidérurgie et transformation de la fonte et acier (-20,2%), l’industrie de l’immobilier métallique (-22,3%) et la construction des véhicules industriels (-13,4%).
Les industries des textiles ont, pour leur part, connu une contreperformance avec une baisse de la production inférieure à 5,6%, entre les deux périodes de comparaison. Cette baisse a été relevée tant au niveau de la production des biens intermédiaires textiles (-5%) que des biens de consommation textiles (-7,9%). Une autre branche enregistre aussi une baisse et elle concerne le secteur des matériaux de construction, céramique et verre, en marquant un recul de 1,6% durant l’année 2018 en comparaison avec la précédente. Cette variation négative a été engendrée par la branche des matériaux de construction et produits rouges (-13%) et la fabrication des liants hydriques (-2,6%).
En revanche, dans ce secteur, les branches qui ont connu une évolution positive sont les produits en ciment et matériaux de construction divers (+41,7%), ainsi que l’industrie du verre (+17%).
S’agissant des industries de bois, liège et papier, la production s’est réduite de -1,3%, en raison essentiellement d’un recul de production de l’industrie de l’ameublement
(-15,3%). En ce qui concerne le secteur des hydrocarbures, la production a reculé de 3,6%. La production des trois activités de la structure a baissé. La production dans la branche de liquéfaction du gaz naturel a, ainsi, diminué de 12,2%, ce qui a largement contribué à la tendance baissière dans ce secteur. En outre, la production du pétrole brut et de gaz naturel a baissé de 2,2%, ainsi que le raffinage du pétrole brut qui a reculé de 1,8%.
À la lumière de ces chiffres, il est évident que le secteur public industriel trouve des difficultés à remonter la pente et à emprunter la trajectoire de la croissance positive malgré les promesses des anciens gouvernements à redresser la barre.
Malgré ça, on peut retenir quelques bonnes performances dans des secteurs de l’industrie tels que les mines et carrières, les cuirs et chaussures, les industries chimiques, l’industrie agro-alimentaire, les industries diverses et l’énergie (électricité). En effet, selon les chiffres de l’ONS, les industries des Mines et carrières ont connu une croissance de près de 36%, tandis que les industries des cuirs et chaussures ont connu une hausse de 14,9%.
Le secteur des industries chimiques a connu une hausse de 8,4% en 2018, alors que la tendance haussière a concerné également les industries agro-alimentaires avec une augmentation de la production de 4%.
Lamia Boufassa