Usine Youkous

GRAVES INCIDENTS À TÉBESSA ET À OUM EL BOUAGHI : Qui veut plonger le pays dans la violence ?

C’est des dérapages inédits qui en disent long sur les tentatives de semer l’anarchie dans le pays que viennent de connaître les wilayas de Tébessa et Oum EL Bouaghi. En effet, treize (13) personnes ont été blessées après des coups de feu tirés lors du mouvement de protestation par des citoyens, organisé devant l’usine d’eau minérale «Youkous» dans la commune de Hammamet (wilaya de Tébessa), pour réclamer l’amélioration de leur approvisionnement en eau potable, tandis que le siège de la daïra d’Aïn M’lila, à Oum El Bouaghi, a été incendié par des manifestants en colère après l’affichage de la liste des bénéficiaires de logements. Dans le détail, une vive tension est montée entre les manifestants de la commune Hammamet, qui réclamaient le droit de bénéficier de l’eau de source Youkous avant la mise en bouteille et les propriétaires de l’usine, jusqu’à ce que l’un de ces derniers ait tiré à balles réelles pour disperser les manifestants qui ont à leur tour incendié des pneus et un camion de vente d’eau. Les choses ne se sont pas arrêtées là, puisque les manifestants ont également incendié l’usine et des voitures des propriétaires de l’usine. Les images d’une violence extrême ont vite fait le tour des réseaux sociaux, où les internautes ont dénoncé le recours aux armes, pour protéger les biens. Pour sa part, la Gendarmerie n’a toujours pas donné les détails de cet incident grave. Mais une chose est sûre, les manifestants se sont rendus, dimanche matin, devant le siège de la commune pour réclamer d’être alimentés en eau potable surtout que la commune de Hammamet est connue pour ses eaux souterraines et autres sources d’eau naturelle. Les protestataires ont dès lors exprimé leur mécontentement par rapport aux nouvelles autorisations accordées par les autorités locales pour l’exploitation d’autres sources qui, selon les manifestants, représentent des ressources pour l’approvisionnement en eau potable de la population. Suite à la non-satisfaction de leurs revendications, les manifestants se sont alors dirigés vers l’usine pour exprimer leur refus et affirmer leur droit de bénéficier des sources d’eau de Youkous avant que la tension ne monte entre eux et les propriétaires de l’usine. Les treize personnes blessées ont été évacuées vers l’hôpital de la même ville avant l’intervention des éléments de la gendarmerie nationale pour maîtriser la situation. Pour ce qui est de l’incendie, les unités principale et secondaire de la protection civile sont aussitôt intervenues pour éteindre le feu qui a ravagé l’usine ainsi que les camions chargés de bouteilles d’eau destinées à la vente dans différentes wilayas du pays. Pour ce qui est de la wilaya de Oum El Bouaghi, de regrettables incidents ont eu lieu, hier, après l’affichage de la liste des bénéficiaires de logements. Les protestataires ont mis le feu à des pneus et ont, de surcroit, incendié une partie du siège de la daïra de Aïn M’lila pour exprimer leur mécontentement. À noter qu’une enquête a été ouverte sur les conditions et les critères d’établissement de la liste des bénéficiaires de logements. Cette montée de violence fait craindre le pire, surtout que le pays connait une période délicate après le déclenchement du mouvement populaire qui a, à ce jour, été applaudi par le monde entier pour son pacifisme. Certes, l’Algérie a été confrontée à une époque de son histoire à une violence inouïe, dont les séquelles sont toujours présentes, mais l’heure est plus que jamais délicate, pour prouver que cette époque a été enterrée à jamais. Le peuple doit faire preuve de vigilance pour avorter ces tentatives de réduire le mouvement populaire à néant, et de ce fait, plonger le pays à nouveau dans le chaos.

Lamia Boufassa