Ouyahia

ESCORTÉ PAR UN DISPOSITIF SÉCURITAIRE DU DSI : Ahmed Ouyahia à l’enterrement de son frère Laïfa

Décédé dimanche passé dans sa maison à Dergana (Est d’Alger) quelques heures après avoir plaidé en faveur de son frère, l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’avocat Laïfa Ouyahia, a été conduit, hier, à sa dernière demeure, au cimetière de Garidi (Kouba).

En détention à la prison d’El-Harrach, Ahmed Ouyahia, poursuivi pour des affaires de corruption, a été autorisé, hier, à se rendre à l’enterrement de son frère Laïfa. Près d’une centaine de personnes, principalement des membres de la famille et proches du défunt, en présence aussi de collègues avocats, à leur tête Abdelmadjid Sellini, bâtonnier du Barreau d’Alger, ont rendu un dernier hommage à Laïfa Ouyahia, décédé des suites d’une crise cardiaque.
Beaucoup d’avocats de réputation publique n’ont, en revanche, pas participé aux obsèques du frère de l’ancien Premier-ministre. Laïfa Ouyahia a été inhumé dans l’après-midi de la journée d’hier, dans un cadre strictement privé, au cimetière public de Garidi, dans la commune de Kouba. Plus d’une heure après l’arrivée de la dépouille du défunt, à 15H20, Ahmed Ouyahia, encadré par une imposante escorte des forces du Détachement spécial d’intervention (DSI) de la Gendarmerie nationale, les mains menottées , mine très affaiblie, a pu jeter un dernier regard sur le défunt, sous les yeux d’une centaine de présents et des projecteurs et objectifs des médias de la presse nationale. Les proches du défunt et les quelques avocats venant lui rendre un dernier hommage ont salué la mémoire de Laïfa Ouyahia. Un homme « humble » et de « qualités », dont le destin n’est pas partagé avec son frère Ahmed, si ce n’est les liens de sang.
« Il a vécu toute sa vie modestement et humblement. Durant nos derniers échanges, il s’est beaucoup plaint des rumeurs sur lui et les gens qui disent qu’il a bénéficié de beaucoup d’avantages grâce à son frère. Comme par exemple une villa à Hydra », a témoigné un quinquagénaire, son voisin de quartier.
« Il habitait un F3 dans un immeuble simple et populaire donnant sur un marché de proximité. C’est l’ancien président du CR Belouizdad et maire de Belouizdad, le défunt Ali Farah, qui le lui a attribué. Il a vécu en simple citoyen. Il s’assayait à même le trottoir avec nous durant nos discussions », a-t-il ajouté.
« J’étais témoin de ses derniers moments. Je l’ai observé de mon balcon dimanche dernier, arrivant à son logement à bord de son véhicule et portant son cartable. Il était environ 15 H 45mn. 10 minutes après, un membre de sa famille m’a contacté pour me dire que Laïfa est décédé.
Il a eu un malaise cardiaque et a pris ses médicaments, avant de succomber quelques minutes après », nous racontait un autre voisin. Maître Beladaci Zahir, avocat inscrit au barreau d’Alger, qui a connu et côtoyé le défunt, nous a dit qu’il a abandonné ses procès et est venu pour « rendre un dernier hommage à cette belle âme ».
« C’est un ami et frère à la fois. Je l’ai connu dans cette profession.
Je garde de lui un avocat particulier, humain, serviable, gardant toujours un sourire aux lèvres. La dernière fois où je l’ai rencontré, c’était au Métro, avant le confinement, on s’était parlé un moment. C’est quelqu’un de très optimiste, un nationaliste qui a toujours adoré son pays », se remémore-t-il.
« Il était d’une simplicité extraordinaire et d’une modestie sans égale. J’espère que la famille Ouyahia ne sera pas réduite et rattachée uniquement au nom d’Ahmed Ouyahia », témoignera-t-il en poussant un soupir.
Hamid Mecheri