Confinement

RELÂCHEMENT ET INDISCIPLINE FACE AU CORONAVIRUS : Les médecins tirent la sonnette d’alarme !

Depuis l’entame du déconfinement progressif, il y a deux semaines, le pays enregistre une légère hausse des cas de contaminations et de décès par le virus Covid-19, notamment avec la reprise de plusieurs activités commerciales et la réouverture de nombreux magasins et agences de service publiques et privées.

Et le rapport entre le déconfinement et la hausse du bilan de la pandémie est établi même par le comité scientifique à travers son porte-parole Djamel Fourar. Les experts et professionnels de la santé ne sont pas en reste. Ils ont sonné l’alerte sur le relâchement constaté et ses conséquences périlleuses sur la propagation du virus, et donc la santé publique. Ils appellent les citoyens à respecter les mesures de prévention, tout en notant que le déconfinement sanitaire ne doit, en aucun cas, signifier le recul du danger de l’épidémie. Des médecins ont soutenu que l’adhésion des citoyens à la démarche édictée par les autorités dans la lutte contre le redoutable virus est vitale pour casser la chaîne de contamination.

Rues, magasins et agences postales bondés de monde
Ainsi, lors d’une virée à Alger-centre, le laisser-aller des citoyens et leur relâchement face aux mesures barrières est avéré. Ils estiment, à tort, que la tempête est passée après la levée du confinement, notamment dans les rues « commerçantes » les plus fréquentées par les Algérois, comme la rue Hassiba Ben-Bouali, place Maurice Audin, Didouche Mourad, comportant des magasins de vêtement, des fast-foods ainsi que des agences commerciales… et ce n’est pas uniquement ici, car même devant les agences postales !! Plus précisément celle de la place des Martyrs. Passant à côté, nous constatons une chaîne interminable de citoyens dont la majorité sont des vieux (une catégorie fragile) nous nous rendons compte que c’est le 22 du mois, et que c’est le jour du versement des pensions de retraite. Or que la chose la plus déplaisante est en voyant le non-respect de la distanciation sociale et le port du masque qui est devenu obligatoire ; ce qui nous a fait revivre le scénario des premiers jours du confinement et de l’apparition de la pandémie. Le relâchement ne s’est pas limité à ce stade, au niveau de l’agence commerciale de la compagnie aérienne nationale Air Algérie située à la place Audin, ouverte depuis dimanche, un monde fou attendait devant sa porte, soit pour le remboursement de billets ou s’informer, alors que toutes les demandes ou opérations peuvent être accomplies en ligne depuis le site Internet de la compagnie. Malgré cela le citoyen reste toujours inconscient des résultats de son comportement sur la santé de l’autrui. C’est pour cette raison que les professionnels de la santé ont mis en garde contre toute baisse de vigilance dans la prévention contre le nouveau coronavirus (Covid-19), appelant au respect scrupuleux des mesures barrières mises en place pour endiguer l’épidémie. D’ailleurs, selon eux, « l’erreur consiste à croire que l’amélioration d’un certain nombre d’indicateurs épidémiologiques atteste d’une baisse de la virulence du virus ».

Une nouvelle vague non écartée
Dans le même sillage, le Pr Mohammed Yazid Kadir, épidémiologiste au CHU de Batna, a alerté l’opinion publique sur les risques d’une nouvelle propagation de la maladie en cas de non-respect des mesures de protection. «Nous sommes en train de payer l’indiscipline de la population», a affirmé le spécialiste, pointant le comportement de beaucoup de personnes. Un avis partagé par le Dr Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, qui a indiqué que la hausse du nombre de contaminations était engendrée par le non-respect des mesures de prévention et de distanciation sociale. Intervenant sur le plateau de la chaîne Echorouk News, Pr Bekkat a appelé les services de sécurité à appliquer la loi contre les citoyens qui violent les mesures de prévention, sans écarter la réinstauration du confinement dans certaines régions ayant connu une flambée des cas de contamination.

Les hôpitaux « saturés » !
Alors qu’au début de l’apparition de la pandémie en Algérie le ministre de la Santé a déclaré que la situation était sous contrôle et qu’il n’y avait pas de saturation dans les hôpitaux, aujourd’hui le Pr Kadir dit le contraire. Il révèle, en effet, que les établissements hospitaliers dans plusieurs villes du pays sont « surchargés » et donc ne « pouvant plus » prendre en charge les malades en raison de la fulgurante hausse des cas confirmés. «À un moment donné, la saturation était au [CHU] de Tlemcen, maintenant c’est à Sétif, Parnet et Bab El-Oued (à Alger) », dit-il. « Les malades sont refusés par manque de places et de moyens», a indiqué le médecin. «Le problème c’est que ce sont des malades qui repartent chez eux tout en ayant une PCR positive (une analyse moléculaire, ndlr) ou qui ont un scanner qui donne à voir probablement un Covid-19», a-t-il expliqué, mettant en garde que «cela veut dire que ces malades sont hyper contaminants».

Rebond inquiétant de la pandémie
Dimanche, 140 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés contre 127 annoncés samedi. Hier encore, ils sont 149 cas infectés et 7 décès à avoir été recensés au cours des dernières 24 heures, selon le professeur Djamel Fourar du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus. Une tendance de la pandémie en hausse qui inquiète surtout pour le personnel médical, mobilisé au premier rang dans la lutte contre le Covid-19 mais aussi les autorités de la santé et le comité scientifique, dont il est question d’émettre l’avis des scientifiques aux pouvoirs publics quant aux décisions à prendre en conséquence. Depuis le début de la pandémie, l’Algérie a recensé plus de 11 771 malades, dont 8 422 guérisons et 837 décès (bilan de dimanche), alors que 41 patients étaient en soins intensifs.
Sarah Oubraham