Abderrahmane Mebtoul

EN RÉACTION AU DISCOURS DU PRéSIDENT : Pr Mebtoul suggère un moyen pour économiser 10 MDS USD 

Objectif fixé à l’horizon 2021 d’exporter quelque 5 milliards de dollars de produits hors-hydrocarbures et de-là ramener le niveau de la dépendance de notre pays à la rente pétrolière à 80% d’ici cette échéance, le président de la République arrête une ambition de taille pour le nouveau plan de relance économique.
Réagissant à ce sujet, le professeur Abderrahmane Mebtoul a  affirmé d’emblée que cette annonce « semble appréciable » mais, a-t-il pondéré, les « 5 milliards de dollars ne permettent même pas d’acheter des médicaments et du blé », ajoutant que la crise sanitaire actuelle pourrait être « un véritable obstacle » pour réaliser cet objectif.
Toutefois, Mebtoul ne se contente pas des critiques ; il suggère Sonatrach comme source de génération de ressources pour le pays. Ainsi, il propose d’améliorer la gestion du groupe national pétrolier « de 15% ce qui permettra d’économiser jusqu’ 10 milliard de dollars ». Selon l’expert contacté, hier, par nos soins, l’avenir de l’économie nationale est basé principalement sur la réforme des « institutions, du système financier et la transparence. Si le Président arrive à résoudre ces trois problèmes avec la révision constitutionnelle il aurai fait un grand pas pour l’Algérie ». Par ailleurs, Mebtoul a indiqué que sans une véritable réforme du système financier, synchronisée avec de profondes réformes institutionnelles, autour d’une véritable décentralisation des grands pôles régionaux, il est « utopique d’aller vers un développement hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales ». Ajoutant que « le plus grand obstacle au développement c’est la bureaucratie centrale et locale néfaste qui enfante la corruption ».
Pour rappel, le président de la République a indiqué à la même occasion, que l’appui total de l’économie nationale sur la rente et les recettes des hydrocarbures a « tué l’intelligence et l’esprit d’initiative ». De ce fait, « nous devons tirer des leçons de nos anciennes erreurs et baisser la dépendance de l’économie nationale vis-à-vis des hydrocarbures durant la prochaine décennie», a-t-il plaidé. Cet objectif est réalisable car « il y a une volonté politique et une vision économique claire », a-t-il ajouté.
Sarah Oubraham