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EN PRÉVISION D’UN PROCHAIN DÉCONFINEMENT : L’Algérie peut-elle sauver sa saison estivale ?

La pandémie du coronavirus n’a pas que des répercussions néfastes sur l’économie et les secteurs stratégiques dans le monde. Comme dans d’autres pays, en Algérie, et même s’il n’a pas de forte valeur ajoutée, le tourisme est totalement à l’arrêt.

Il est clair que ce Covid-19 a causé beaucoup de dommages financiers, à cause des mesures de limitation de sa propagation dans le pays décidées par le gouvernement, notamment après la fermeture des hôtels et des restaurants, mais surtout de l’espace aérien où la mobilité des personnes est paralysée. Un coup dur pour les professionnels de ce secteur. Cet état de fait a incité les autorités à miser sur le tourisme local afin de sauver la saison estivale 2020. Du coup, malgré ces difficultés, l’Algérie n’est pas resté les bras croisés. Elle essaie de sauver son année estivale en tablant sur le tourisme interne.
Pour ce faire, le gouvernement a préparé un plan de déconfinement en prévision de l’ouverture de la saison estivale. Les hôteliers et les agences de voyage et autres professionnels du tourisme doivent respecter un protocole sanitaire, dont l’élaboration a été confiée à un comité technique composé d’experts et d’opérateurs du domaine du tourisme. La démarche de Hacène Mermouri, ministre du Tourisme, est de faire de cette pandémie une opportunité pour les opérateurs touristiques nationaux de miser sur la clientèle locale et prendre la Tunisie comme exemple. Mais la question est de savoir si l’Algérie peut être à la hauteur de ce défi. Autrement, garantir une saison estivale aux citoyens en respectant les mesures de protection et en limitant le nombre de contaminations au coronavirus.
Selon Abdelkader Ghaouti, conseiller au ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, qui s’est exprimé à l’APS, ce protocole sanitaire est soumis aux experts, professionnels et opérateurs touristiques pour examen et débat, dans l’objectif de « parvenir à des mesures de prévention et de protection à même d’éviter toute contamination ou propagation du virus Covid-19 durant la saison estivale ». Ce protocole constitue «une procédure de prévention pour rassurer les citoyens et les inciter à passer, en toute tranquillité, leurs vacances en Algérie, sans appréhension aucune ». Le conseiller du ministre a qualifié cette démarche de «meilleur moyen pour préserver aussi bien la santé des citoyens que celle des employés des établissements hôteliers et accompagner les opérateurs touristiques afin de gagner la confiance des touristes ». Dans ce cadre, le comité technique propose « un engagement des hôteliers à mettre en place des cellules de veille chargées de suivre la situation sanitaire, d’accompagner les estivants et d’accélérer la prise des mesures indispensables en cas de nouvelles contaminations au Covid-19, outre la mise à disposition d’équipes médicales pour la prise en charge quotidienne de la santé des touristes et des employés, en veillant à l’exploitation, à 50%, de la capacité d’accueil des hôtels, en vue d’une meilleure application des mesures de distanciation sociale et physique au profit des touristes et estivants ».
D’autres suggestions de prévention et de précaution ont été proposées par le comité, portant essentiellement sur « les modalités d’exploitation des piscines et des plages relevant des établissements hôteliers et touristiques ainsi que des modalités d’accueil et d’enregistrement des clients au niveau des structures hôtelières, tout en interdisant l’organisation de soirées artistiques et en procédant à la désinfection et au nettoyage quotidiens des chambres et des structures publiques. » Il s’agit également d’interdire toute formule de location chez l’habitant ou de chambres d’hôte au niveau des régions côtières durant cette période critique, avec obligation du port du masque de protection ou bavette, y compris par les personnels des hôtels, dans le cadre de la prévention contre la propagation de la pandémie ».
D’autre part, le comité a recommandé aux agences de tourisme et tours opérateurs, l’utilisation des TIC afin d’attirer les clients et leur faciliter le paiement et règlement des factures via des applications modernes et lutter ainsi contre la propagation de la pandémie, outre l’exploitation, à 50%, des capacités des bus touristiques et l’impératif de leur désinfection ainsi que la garantie des produits désinfectants au profit des clients.
Par ailleurs, il serait bon de souligner que nos tentatives de joindre l’attaché de presse et responsable de la communication du ministère du Tourisme à ce sujet, sont restées vaines. C’est dire le niveau d’ « intérêt » accordé à la Com. du secteur !
Sarah Oubraham