Migrants

ELLE RÉCLAME L’OUVERTURE IMMÉDIATE D’ENQUÊTES : L’ONG HRW accule le Maroc et Madrid

Après l’ONU qui a exigé des autorités marocaines et espagnoles de rendre des comptes sur le carnage perpétré, vendredi dernier, à l’encontre d’au moins 23 migrants subsahariens, tout comme l’UA, à travers l’ouverture d’enquêtes transparentes et sérieuses, les organisations non-gouvernementales prennent le relais pour acculer davantage les gouvernements des deux pays responsables de cette tragédie.
Ainsi, l’ONG Human Rights Watch, dans un rapport publié, hier sur son site web, sur cette affaire écrit en gros caractères : « Maroc/Espagne : Mort horrible de migrants à la frontière de Melilla. Enquêter pleinement, préserver les preuves, assurer un traitement digne des morts ». Autrement dit, HRW réclame l’ouverture d’enquêtes transparentes aussi bien au Maroc qu’en Espagne pour élucider les circonstances de ce massacre de migrants subsahariens et situer de part et d’autre les responsabilités.
Pour HRW, la mort d’au moins 23 personnes africaines à la frontière Melilla-Maroc le 24 juin 2022 nécessite une enquête « indépendante et impartiale »  capable de « déterminer ce qui s’est passé » et qui porte la responsabilité de ces pertes en vies humaines » Et de préciser que cette enquête devrait « identifier les causes du décès et déterminer si les forces de sécurité étaient responsables des pertes en vies humaines en vue d’assurer la responsabilité et la justice pour les familles des victimes ». Prenant à témoin les vidéos et les photographies choquantes se rapportant à ce drame, où des corps éparpillés sur le sol et gisant dans des mares de sang sont montrées au monde entier, HRW constate l’usage disproportionné des forces de sécurité marocaines contre les migrants. Les policiers marocains ont « donné des coups de pied » et asséné « des coups de bâtons » aux personnes, alors que la Guardia Civile espagnole a « lancé du gaz lacrymogène sur des hommes accrochés à des clôtures », a déclaré Judith Sunderland, directrice adjointe par intérim pour l’Europe et l’Asie centrale aux droits de l’Homme. En sus, HRW a dénoncé le silence troublant mais surtout complice des responsables dans les gouvernements espagnol et marocain, ainsi que chez l’UE. « Les responsables en Espagne, au Maroc et dans l’Union européenne devraient condamner cette violence et garantir des enquêtes efficaces et impartiales pour rendre justice à ceux qui ont perdu la vie », interpelle cette ONG internationale. Pire encore, c’est lorsque les autorités marocaines tentent d’effacer toute indice ou trace des victimes pouvant les incriminer devant ce drame humanitaire. À ce titre, révèle HRW, des informations en sa possession disent que « les autorités marocaines pourraient organiser des enterrements collectifs à la hâte » ce qui est « profondément préoccupant», a-t-elle déclaré. C’est le cas de le dire en effet, puisque l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a publié sur Twitter deux photographies de ce qu’elle estime être « entre 16 et 21 tombes » creusées dans le cimetière de Sidi Salem, à la périphérie de Nador, la ville marocaine située de l’autre côté de la frontière de Melilla.
Farid Guellil