Citerne

Eau potable : Le marché juteux des « jerricans »

Comme à chaque période de crise, il y a toujours des parties qui en tirent profit. Après les crises de la semoule, de l’huile et du lait, c’est au tour de la crise de l’eau qui profite aux commerçants véreux et les spéculateurs leur permettant de se remplir les poches.
Disparus du paysage commercial depuis longtemps, les jerricans, les fûts en plastiques, et les citernes signent un retour en force depuis plusieurs semaines en raison du stress hydrique que connait le pays. Mais seulement voilà, bien que la demande sur ces moyens de stockage d’eau soit légitime et tout à fait normale puisque cette ressource vitale n’est plus disponible comme auparavant, les commerçants et les vendeurs informels tentent d’en tirer bénéfice sur le dos des citoyens qui se retrouvent doublement pénalisés. Cherchant le gain rapide, ces derniers ont doublé les prix de ces produits de manière exagérée et inexpliquée. Outre la problématique des prix, les bidons en plastiques sont vendus partout et n’ importe où. On les retrouve même sur les bordures d’autoroutes, dans les quartiers et dans des camions ambulants. L’on assiste également au retour du phénomène de la vente de l’eau, avec pour le litre des prix exagérés. Mais face à tout cela, le ministère du Commerce chargé notamment de lutter contre l’informel est aux abonnés absents. Si les mesures prises par le premier responsable de ce département n’ont pas été efficaces lors de la crise de l’huile ou du lait subventionné, celui-ci maintient le silence et n’a pris aucune disposition pour faire face au diktat des vendeurs de jerricans et de fûts plastiques.

Le ministère des Ressources en eau dévoile son plan d’urgence
Pour faire face à cette crise qui s’accentue, le ministère des Ressources en eau a dévoilé hier dans un communiqué rendu public son plan d’urgence. Dans ce cadre, ce département ministériel indique que parmi les mesures prises pour faire face au manque de pluie, figure l’adoption d’un système de transfert d’eau entre les barrages pour couvrir la pénurie des besoins des ressources en eau. L’un des transferts les plus importants qui ont été exploités pour l’approvisionnement en eau, est le barrage de Ghrib vers le barrage de Boroumi à Aïn Defla pour alimenter le Grand Alger avec 80.000 M3 par jour, précise-t-on dans le communiqué. Il a été également procédé, poursuit la même source au transfert d’eau du barrage de Boussiaba à Jijel vers le barrage de Beni Haroun pour alimenter à la fois El Milia et Bellara avec une production totale estimée à 80 millions de M3 par an. L’on relève aussi le transfert des eaux du barrage de Oued Taht dans la wilaya de Mascara pour alimenter les communes d’Ain Farah et l’agglomération d’Ain Bouras, Oued el Abtal et Sidi Abdeljabar.  Le transfert des eaux de barrage de Ouldjet Mellegue dans la wilaya de Tébessa figure également au programme des mesures prises, annonce le ministère qui explique que ce système permettra d’alimenter en eau potable au moins 175 000 personnes dans les communes d’Al Wowza, Al Ouinat, Boukhadra, Bir Al Dahab, Al Marij et Mursat. La même source évoque également, le transfert d’eau du barrage Ighil Emda vers le barrage de Mahwan dans la wilaya de Sétif pour alimenter les communes de la wilaya de Bordj Bou Arreridj à hauteur de 120 000 M3 par jour. Par ailleurs, le ministère des Ressources en eau indique que ce plan d’urgence comprend des projets qui sont en cours de réalisation et d’autres qui seront lancés prochainement.
Ania Nait Chalal