Djerad

DIALOGUE AVEC LE PARTENAIRE SOCIAL : Le processus prend forme

En application aux instructions du Premier ministre, Abdelaziz Djerrad, ayant appelé ses ministres à travailler en étroite collaboration avec les partenaires sociaux afin de remédier aux problèmes des différents secteurs, les rencontres tutelles-syndicats commencent à s’enchaîner. Ouvrant le bal hier, le ministère des Affaires religieuses a reçu les représentants des fonctionnaires du secteur, dont les imams. Aujourd’hui c’est au tour des syndicats de l’Éducation de se présenter au siège du MEN, après avoir rompu, depuis des mois, tout contact avec le gouvernement de l’ex-PM Noureddine Bedoui. Face aux perturbations sociales qui touchent les différents secteurs d’activité économique et de service public, le gouvernement a donc choisi la voie du dialogue et de la concertation. Fraichement installés à leurs différents postes, les ministres ont entamé cette semaine une série de rencontres avec les partenaires sociaux, histoire de prendre contact, mais aussi de tracer avec eux des plans pour répondre aux aspirations et aux préoccupations des travailleurs de chaque domaine. C’est dans cette optique que le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Ouadjaout, devra rencontrer aujourd’hui les différentes organisations syndicales de son secteur. En effet, des invitations ont été envoyées la semaine précédente à 14 formations syndicales dans l’objectif de lancer des discussions franches et faire des propositions concrètes pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs et surtout améliorer la qualité de l’enseignement et le niveau de l’école. Jeudi dernier, le successeur de Belabed à la tête du MEN avait tenu sa première réunion avec les cadres de son département et lors de laquelle il a donné des instructions sur les programmes de « qualité », à mettre sur les rails pour développer l’école algérienne. De leur côté, les syndicats comptent mettre sur la table du ministre leurs préoccupations et revendications restés en suspens depuis des années. S’exprimant à ce sujet, le SG du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) avait déclaré que cette réunion de prise de contact avec le ministre sera l’occasion de soulever tous les points à commencer par la problématique des enseignants du cycle primaire, en grève depuis le mois d’octobre dernier pour réclamer l’amélioration de leur statut, l’allégement du volume horaire, et la révision des programmes scolaires. Le SNTE a appelé dans ce sens à aller vers des négociations sérieuses avec les grévistes, après leur échec avec l’ex- ministre, Abdelhakim Belabed. Hier, les représentants des imams et des fonctionnaires du secteur des Affaires religieuses s’étaient entretenus avec leur ministre. À l’issue de cette première réunion, le SG du syndicat des imams, Djeloul Hadjimi, a déclaré que toutes les questions restées en suspens, dont celle liée à la révision du statut particulier, ont été passées en revue. Ayant constaté l’existence d’une « nouvelle vision»  de la part du ministre, Hadjimi se dit espérer qu’«une nouvelle page s’ouvre avec la tutelle afin de redémarrer sur de nouvelles bases en travaillant ensembles pour l’amélioration du secteur et des conditions de travail de ses fonctionnaires ». Toutefois, la même source a estimé que la prise en charge des revendications des imams doit se faire dans l’urgence car la situation aura atteint ses limites. Il faudra s’attendre dans les jours qui suivent à ce que ce processus soit adopté par d’autres secteurs connaissant des perturbations récurrentes provoquées par les actions de contestations des travailleurs, comme c’est le cas de la Santé, qui, lui aussi, connait depuis des années une dégradation permanente et qui a besoin plus que jamais d’une réelle volonté pour l’amélioration de la qualité des soins, et de prise en charge des patients.
Ania Nait Chalal