Les détenus politiques sahraouis du groupe de Gdeïm Izik ont adressé une lettre urgente au Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer le projet de résolution américain sur le Sahara occidental, qu’ils estiment contraire à la légalité internationale et au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Dans ce courrier, adressé à l’ambassadrice grecque Aglaia Balta, présidente en exercice du Conseil de sécurité, ils appellent les membres de l’instance onusienne à rectifier le texte et mettent en garde contre les conséquences de toute tentative d’imposer une solution politique au peuple sahraoui. Depuis les geôles de l’occupant marocain, les détenus soulignent que la question du Sahara occidental relève toujours du processus de décolonisation et ne saurait être dissociée du cadre juridique international qui la régit. Ils rappellent notamment la résolution 690 de 1991, par laquelle le Conseil de sécurité a créé la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), dans le cadre du plan de règlement conjoint ONU-OUA.
Une atteinte au droit à l’autodétermination
Dans leur lettre, les membres du groupe de Gdeïm Izik estiment que le projet de résolution américain risque de modifier le mandat de la mission onusienne au profit des positions de la puissance occupante marocaine, au détriment des fondements du plan de règlement initial, qui prévoit l’exercice, par le peuple sahraoui, de son droit à l’autodétermination. Les détenus politiques sahraouis rappellent également les événements de Guerguerat du 13 novembre 2020, qu’ils présentent comme une violation du cessez-le-feu à la suite de l’intervention militaire marocaine contre des manifestants civils sahraouis. Ils appellent ainsi le Conseil de sécurité à s’attaquer aux causes profondes du blocage du processus politique onusien, plutôt qu’à introduire des amendements susceptibles, selon eux, de porter atteinte aux droits légitimes du peuple sahraoui. Les signataires demandent aux membres du Conseil de sécurité de revoir et de rectifier le projet américain afin de le mettre en conformité avec la légalité internationale. Ils avertissent qu’une démarche visant à prédéterminer l’issue des négociations ou à imposer une solution que le peuple sahraoui n’aurait pas librement choisie ne pourrait aboutir à un règlement juste et durable. Une telle approche risquerait, au contraire, d’accentuer les tensions et de menacer la paix et la sécurité dans la région. Les détenus réaffirment, à ce titre, que le peuple sahraoui, qu’il se trouve dans les camps de réfugiés, dans les territoires occupés ou en exil, ne renoncera pas à ses droits à la liberté, à l’autodétermination et à l’indépendance. Ils soulignent que la volonté d’un peuple ne saurait être écartée par des projets de résolution ou des positions politiques qui ne tiennent pas compte de ses aspirations légitimes.
Des grèves de la faim illimitées
Par ailleurs, les détenus civils sahraouis du groupe de Gdeïm Izik ont annoncé leur intention d’entamer des grèves de la faim illimitées pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte au droit de leur peuple à l’autodétermination. Ils tiennent le Conseil de sécurité, en particulier l’administration américaine, ainsi que les autorités coloniales marocaines, pour responsables, sur les plans juridique, humain et moral, de leur intégrité physique et de toute conséquence découlant de cette action. En conclusion, les détenus ont appelé la présidente en exercice du Conseil de sécurité à transmettre leur lettre à l’ensemble des membres de l’instance onusienne. Ils exhortent la communauté internationale à préserver le cadre juridique du processus de décolonisation du Sahara occidental et à garantir le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
M. Seghilani




