Le conflit au Soudan a contraint plus de 980.000 personnes à chercher refuge au Tchad voisin, a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), attirant l’attention « sur la situation préoccupante en matière de vivres, d’accès à l’eau et de santé dans l’est du Tchad » rapportent des médias locaux. « La situation humanitaire dans l’est du Tchad demeure préoccupante, marquée par l’afflux continu de réfugiés soudanais et de rapatriés tchadiens », indiquant qu’ «entre avril 2023 et le 15 octobre 2026, plus de 980.399 nouveaux réfugiés soudanais sont arrivés au Tchad ainsi que plus de 404.256 rapatriés tchadiens » selon la même source. Ces mouvements exercent « une pression croissante sur les ressources, les services de base et les capacités de réponse humanitaire dans les zones d’accueil », a précisé l’organisme onusien. La BCAH s’inquiète notamment de la situation précaire dans le domaine de l’accès à l’eau et les soins de santé. Par ailleurs, des risques agroclimatiques ont fait leur apparition dans l’est du Tchad, affectant aussi bien ceux qui sont arrivés du Soudan que la population locale. Plus de 668.000 personnes sont confrontées ces derniers mois à l’insécurité alimentaire. « Si aucune aide n’est fournie dans l’immédiat, la situation risque de se détériorer davantage, compte tenu des prévisions défavorables pour la campagne agricole et d’élevage 2026-2027 », a-t-il souligné. L’absence d’infrastructures appropriées et les capacités limitées des services sociaux entravent l’accès aux services vitaux et aggravent les vulnérabilités existantes, a-t-il ajouté. Le conflit armé entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) fait rage depuis avril 2023. Selon les Nations unies, les combats ont fait des dizaines de milliers de morts et ont contraint environ 14 millions de personnes à quitter leur foyer.
« Quelques 15,4 millions de personnes au Soudan ont besoin d’abris d’urgence »
Les deux agences onusiennes indiquent que les financements disponibles permettent d’aider seulement 10 % des personnes concernées, précisant que jusqu’à présent, 936.000 personnes ont reçu une assistance, laissant des millions d’autres sans abri adéquat ni produits de première nécessité. Elles ont averti que les stocks d’urgence atteignaient un niveau dangereusement bas et que, sans financements immédiats, davantage de familles déplacées seraient exposées aux intempéries, à l’insécurité ainsi qu’à des risques accrus de violences et d’exploitation. Le Soudan reste confronté à la plus grave crise de déplacement au monde et compte environ 8,6 millions de déplacés internes et plus de 4,6 millions de réfugiés dans les pays voisins, rappellent le HCR et l’OIM. Les combats, l’insécurité et les attaques de drones continuent de provoquer de nouveaux déplacements et entravent les opérations humanitaires, note le communiqué. Le plan 2026 de réponse aux besoins humanitaires au Soudan nécessite, selon lesdites agences, 2,9 milliards de dollars afin d’aider 20,4 millions de personnes sur les 33,7 millions ayant besoin d’assistance. Mais seuls 47 % des fonds nécessaires ont été mobilisés. Le HCR et l’OIM appellent, à ce propos, à des financements urgents pour éviter une aggravation de la crise humanitaire et maintenir les stocks d’abris d’urgence, dans un pays frappé depuis avril 2023 par un conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR), faisant des dizaines de milliers de morts.
R. I.












