Déficit en AEP : Ouali pointe du doigt la mauvaise gestion

Les perturbations que connaît l’alimentation en eau potable des populations, dans certaines régions du pays, ne proviennent pas du manque de la ressource hydrique qui se trouve en abondance dans la plupart des wilayas du pays. Le problème est intimement lié à sa gestion qui laisse à désirer. Le constat vient du premier responsable du département des Ressources en eau et de l’Environnement, Abdelkader Ouali, qui a expliqué que la problématique du déficit en alimentation en eau potable ne réside pas dans les ressources en eau, mais dans la gestion de ces ressources. À partir de la wilaya de Tébessa où il a effectué, samedi dernier, une visite de travail et d’inspection des projets de son secteur, Ouali a rappelé que l’Algérie a consenti d’importants investissements lui permettant de gagner haut la main la bataille de la mobilisation de la ressource hydrique. Le pays dispose d’une disponibilité d’eau grâce aux multiples projets concrétisés dans le domaine des ressources en eau, et ces acquis nécessitent un accompagnement et une rationalisation de l’exploitation de l’eau, a-t-il préconisé. Toutefois, cette ressource hydrique est mal gérée, a-t-il regretté. Au cours de l’installation de la commission de wilaya chargée du contrôle des infrastructures d’eau, au siège de l’Algérienne des eaux (ADE), le ministre a mis en exergue l’importance de lutter contre le gaspillage de l’eau et les agressions faites sur les réseaux d’alimentation en eau potable (AEP). Une de ses missions à la tête du département des Ressources en eau et de l’Environnement est l’amélioration de la gestion du service public de l’eau. À cet effet, Ouali ne rate aucune de ses sorties sur le terrain pour rappeler les responsables locaux, en charge de l’alimentation en eau potable des populations, à améliorer le service public de l’eau et lutter, surtout, contre le gaspillage de cette ressource hydrique qui revient trop cher à l’État. Les projets visités à Tébessa s’inscrivent dans l’objectif d’améliorer l’AEP dans cette wilaya qui souffre du manque de cette ressource hydrique. Ainsi, Abdelkader Ouali s’est rendu à la station de pompage d’Aïn-Zeroug, où des informations ont été données sur le chantier de l’installation des conduites d’eau à partir du barrage Aïn-Dalia, dans la wilaya limitrophe de Souk-Ahras vers Tébessa, lequel projet, qui va doter Tébessa d’un volume d’eau de 7 000 m3 supplémentaires, sera ajouté aux 23 000 m3, dont bénéficie la wilaya, selon l’exposé présenté. Au cours de la présentation d’un exposé sur le secteur des ressources en eau dans la wilaya de Tébessa, le ministre a rappelé les mesures d’urgence prises, dont l’alimentation de la wilaya à partir du barrage Aïn-Dalia et la mise en exploitation d’un réservoir d’eau d’une capacité de 5 000 m3, qui ont contribué à «atténuer» le déficit chronique que connaît Tébessa en cette denrée vitale. Selon les explications fournies, la wilaya de Tébessa dispose de 153 puits d’un débit de 104 000 m3 par jour, de six (6) retenues collinaires et d’un barrage d’une capacité de 4,7 millions m3 réservé pour l’irrigation de 700 hectares de terres agricoles, à côté de l’entrée en exploitation de deux périmètres irrigués dans la commune de Bir-Dhab (140 ha) et la commune d’Aïn-Zerga (240 ha). L’exposé des services des ressources en eau de la wilaya de Tébessa souligne également que le déficit en matière d’AEP, dans cette wilaya, est de l’ordre de 24 000 m3/jour.
Hacène Nait Amara