Bourse d’Alger : le plan de relance, un échec

Ou est passé le programme de relance de la Bourse d’Alger ? Telle est la question que plusieurs observateurs se posent. Annoncé en grandes pompes, le plan qui visait à sortir la Bourse d’Alger de sa léthargie est finalement tombé à l’eau après l’échec consommé de l’opération de vente d’actions de la cimenterie publique de Aïn El Kebira. Depuis quelque temps, les différents responsables annoncent chaque année le décollage de la Bourse d’Alger, et l’année 2016 n’a pas dérogé à la règle. En effet, la Place d’Alger se porte mal, contrairement aux espoirs qu’avaient fait naître la réussite de l’ouverture du capital de Biopharm, réalisée en avril dernier. Le bilan général de l’activité du marché financier algérien est même en recul sensible. Ce qui renforce la nécessité d’une réforme globale du secteur.
Pourtant, l’ambitieux programme d’introduction en bourse d’une quarantaine d’entreprises avait été annoncé voici près de 3 ans. Le programme tourne toujours au ralenti. En effet, après le fiasco de la cimenterie de Ain El Kebira, l’introduction des huit (8) entreprises publiques pour l’ouverture ou l’augmentation de leur capital social à travers la Bourse est remise aux calendes grecques. Aucune information n’est dévoilée par la Bourse à ce sujet. Le DG de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV), Yazid Benmouhoub qui nourrissait l’ambition de sortir la Bourse d’Alger de sa situation végétative, a réintégré sa coquille après avoir multiplié les déclarations « rassurantes » quant à son ambitieux plan. Hélas, ce dernier n’a pas jugé utile de communiquer quant aux raisons de ce « malheur» financier. Or, il faut le rappeler, il y a quelques mois, en procédant à la campagne médiatique qui décortiquait la situation du marché financier, Benmouhoub ne cessait de mettre en exergue les vertus de la communication dans le développement du marché financier algérien. Il est évident que l’échec de la cimenterie de Ain El Kebira a constitué un coup dur pour ce dernier, mais les responsables n’ont pas dévoilé une nouvelle feuille de route qui pourrait affronter cet échec. Créée en 1997, la Bourse d’Alger peine à attirer les investisseurs. En tout état de cause, l’introduction des titres de capital de Biopharm au niveau de la cote officielle de la Bourse d’Alger porte le nombre des sociétés cotées à cinq. Il s’agit des actions de la chaîne EGH El-Aurassi, du groupe Saidal, d’Alliance Assurances et de NCA Rouiba, et depuis avril dernier, de Biopharm. Certes la capitalisation boursière a nettement progressé en atteignant 46 milliards de dinars en 2016, mais on est loin du montant de (1) milliard de dollars, projeté en mai dernier par le directeur général de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV).
Pourtant de l’avis des spécialistes, l’année 2016 a été marquée par un nouvel environnement financier qui était sensé pousser les entreprises, publiques et privées, à regarder du côté de la Bourse.
Contre toute attente, la Place boursière d’Alger est replongée dans l’incertitude. Ce ratage risque de rendre plus difficiles l’introduction en Bourse de plusieurs entreprises publiques, dont des banques aussi importantes que la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance, la Banque extérieure d’Algérie et le Crédit populaire d’Algérie. Le travail réalisé depuis des années par des acteurs comme Alliance Assurances, Rouiba et les autres, afin de donner un maximum de crédibilité à la place boursière est totalement anéanti. La confiance n’y est plus. Cela dit, le principal problème réside dans le manque de liquidité des titres. Un ordre prend du temps à être exécuté et surtout, le donneur d’ordre peut attendre des jours, voire des semaines avant de pouvoir vendre ou acheter un titre. Par ailleurs, la plupart des acteurs boursiers déplorent le comportement des acteurs du marché secondaire et les IOB publics (intermédiaires à la bourse) jugés « plus que nuisibles », de par l’inaction qui les caractérise.
Lamia Boufassa