Les événements s’accélèrent dans notre espace géographique immédiat. La région du Sahel, considérée jusqu’à une date récente comme l’épicentre du terrorisme mondial, se place aujourd’hui au cœur du jeu géopolitique. Cette évolution des rapports entre les nations reste bien sûr consubstantielle de ce qui se passe dans le monde entier. Dans cet espace qui est le nôtre, des rapprochements et des alliances naturelles entre les États se heurtent, malheureusement, à des collusions et des associations contre-nature conclues avec des acteurs étrangers. Cette nouvelle situation a rebattu les cartes et a bouleversé les rapports de force. Face à ces mutations aux multiples enjeux et implications, l’Algérie, qui a déjà fait sa mue intra-muros, a ajusté sa politique étrangère aux évolutions en cours dans la région. Le Sahel étant sa profondeur stratégique, l’Algérie s’est rapprochée comme jamais de ses voisins malien, nigérien et burkinabais. Pour faire front contre les puissances d’ingérence et bâtir l’avenir au mieux des intérêts des peuples de la région. L’association des voisins aurait pu rester à ce stade. C’est-à-dire, œuvrer pour le développement et le progrès économique et social. Mais l’intrusion des acteurs étrangers à la région, entre ceux du passé qui veulent reprendre le poil de la bête et les nouvelles collusions dangereuses avec l’ennemi, ont changé la donne. Aujourd’hui, ce que le président Tebboune qualifie à juste titre de « forces du mal », impliquant l’axe Émirats – Maroc – Israël, auquel on ajouterait des relais de l’ancienne puissance coloniale dans la région, menace sérieusement la sécurité, la stabilité et les intérêts stratégiques de la région. Il faut rappeler ce qui s’est passé au Niger, ciblé en août 2026 par une tentative de déstabilisation – l’Algérie a déployé à la demande de Niamey une patrouille d’avions de combat – pour prendre conscience des menaces qui pèsent. Cette situation a conduit naturellement au changement du paradigme de la politique étrangère, passant ainsi de la posture historique de non-ingérence à une position plus offensive et proactive. Cette nouvelle orientation, qui s’impose d’elle-même, traduit la défense de la souveraineté et des intérêts vitaux du pays. Même au-delà des frontières, comme le lui confère la Constitution 2020 dans son article 91 qui stipule dans son deuxième alinéa : « Outre les pouvoirs que lui confèrent expressément d’autres dispositions de la Constitution, le Président de la République jouit des pouvoirs et prérogatives suivants : décide de l’envoi des unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger après approbation à la majorité des deux tiers (2/3) de chaque chambre du Parlement. » Nous y sommes, ou presque ! C’est pourquoi les deux chambres du Parlement national sont au rendez-vous avec l’histoire aujourd’hui. L’APN et le Sénat sont convoqués pour discuter de cette question et, probablement, donner quitus.
Farid Guellil






