CAMPS DE RÉFUGIÉS PALESTINIENS AU LIBAN : Protestations contre la réduction des services de l’UNRWA

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L’organisation des femmes démocratiques palestiniennes « Nada » a lancé une campagne de protestation dans les camps et les rassemblements de réfugiés palestiniens au Liban pour dénoncer la réduction des services de santé, d’éducation, d’aide sociale et de secours de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Les organisatrices réclament le maintien des aides et une réponse aux besoins croissants des réfugiées, notamment des femmes cheffes de famille, des personnes âgées et des femmes en situation de handicap. Baptisée « Le cri des réfugiées palestiniennes pour contraindre l’UNRWA à mettre fin à la politique d’appauvrissement et d’ignorance, ainsi qu’à la pénurie de médicaments essentiels et de médecins spécialistes dans les dispensaires », la campagne a débuté par des rassemblements et des sit-in dans les camps de Chatiila, de Borj el-Chemali et de Beddawi, avant de s’étendre au camp d’Aïn el-Héloué. D’autres actions sont prévues dans les différents camps et rassemblements palestiniens du pays. Ces mobilisations ont enregistré une large participation féminine, aux côtés de représentantes d’organisations féministes, d’institutions sociales et éducatives, d’associations locales, de comités populaires et de factions palestiniennes. Les participantes ont brandi des slogans dénonçant le recul des prestations de l’agence et réclamant la protection des droits des réfugiés à la santé, à l’éducation, à l’aide humanitaire et à une vie digne. Elles ont souligné que la réduction des services aggrave les difficultés quotidiennes des réfugiés palestiniens, déjà confrontés au chômage, à la pauvreté et à la hausse du coût de la vie. Elles ont notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles, particulièrement dans les familles dirigées par des femmes, les familles de martyrs, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les malades nécessitant un suivi médical régulier.

Des revendications sanitaires et humanitaires à Chatiila
Dans le camp de Chatiila, l’organisation a tenu un rassemblement pour dénoncer la poursuite des réductions des services de l’UNRWA et la suspension de certains programmes essentiels dont dépendent les familles palestiniennes pour satisfaire leurs besoins quotidiens. Lors de la remise d’un mémorandum au nom de l’organisation, Hanine Zoubi a souligné la nécessité de s’opposer aux mesures de réduction qui menacent la continuité des prestations et la dignité des réfugiés. Elle a également réaffirmé l’attachement au droit au retour et à la défense des droits humains et sociaux du peuple palestinien. De son côté, le secrétaire du comité populaire du camp, Naji Douali, a appelé l’agence à honorer ses engagements envers les réfugiés, à réexaminer les dossiers des familles privées de leurs aides et à réactiver le programme d’assistance financière destiné aux personnes confrontées à une situation de grande précarité. Il a affirmé que la dignité et les droits des Palestiniens ne sauraient faire l’objet de marchandages, rejetant toute réduction de leurs souffrances à de simples chiffres. Il a rappelé que l’UNRWA avait été créée pour fournir des services et répondre aux besoins des réfugiés jusqu’à ce qu’une solution à leur cause soit trouvée et que leur droit au retour soit réalisé. Pour sa part, Lina Soury, membre de la direction de l’organisation des femmes démocratiques palestiniennes « Nada » au Liban, a mis en garde contre les conséquences de la réduction des services sur les femmes et les enfants, en particulier dans les camps de Chatiila et de Sabra ainsi que dans les rassemblements palestiniens de Beyrouth. Dans ces zones, a-t-elle relevé, le chômage, la pauvreté et la crise économique se conjuguent à la précarité et à l’insécurité des conditions de vie. Elle a également attiré l’attention sur les difficultés accrues des familles dirigées par des femmes, des familles de martyrs, des ménages vivant dans des habitations menacées d’effondrement, ainsi que des personnes âgées et des malades chroniques. Elle a plaidé pour la disponibilité des médicaments et des médecins spécialistes, ainsi que pour la garantie de l’accès aux soins et à l’hospitalisation.

Un plan d’urgence réclamé pour les camps de la région de Tyr
Dans le camp de Borj el-Chemali, dans le sud du Liban, Hiba Rahil, membre de la direction de « Nada » et responsable de l’organisation dans le camp, a appelé à l’élaboration d’un plan d’urgence sanitaire, social et humanitaire global en faveur des réfugiés palestiniens des camps et rassemblements de la région de Tyr et de ses environs. Elle a souligné que ce dispositif devait contribuer à renforcer la résilience des familles et à les aider à faire face aux conséquences humaines et matérielles de l’agression israélienne ayant touché les camps et les rassemblements palestiniens, notamment les pertes, les déplacements et les charges supplémentaires qui en ont résulté. Ces revendications interviennent alors que les besoins des familles palestiniennes en matière de soins, d’assistance sociale et d’aide humanitaire ne cessent de croître. Le maintien des services essentiels demeure ainsi un facteur déterminant pour protéger les catégories les plus vulnérables contre une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.
M.S.