Auto école

COURS DE CONDUITE DANS LES AUTO-ÉCOLES : Un système informatique pour parfaire l’apprentissage

Au moment où l’hécatombe routière continue à sévir en 2019, en dépit des mesures prises, à ce jour, pour son éradication, terrifiant est le nombre des personnes ayant trouvé la mort sur nos routes l’an dernier. Hier le directeur du Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR), Ahmed Naït El Hocine a fait état, en effet,  de 3 310 victimes.

Il faudra noter que ce bilan macabre, est plus qu’une alerte d’un feu rouge. Il est temps  de recourir à une lutte  plus ferme, notamment  pour le respect du code de la route, certes, mais avant tout, du suivi rigoureux des cours de conduite qui  sont dispensés aux postulants pour prendre le volant. Ce qui   permettra, sans nul doute, à  talonner de près,  les causes à l’origine des nombreuses victimes et des handicapés que nos  routes comptent  par dizaines,  à travers le pays.  En prime de tout ce qui se fait, les sanctions répressives, les campagnes de  sensibilisation, de nouvelles  mesures de lutte contre ce phénomène vont prochainement  être promues, telle «l’entrée  effective du système du permis de conduire à points» a annoncé, hier,  Ahmed Naït El Hocine. Aussi,  il sera notamment question d’un projet, en cours d’élaboration, visant à épargner des vies humaines des griffes du terrorisme routier, « un système informatique dédié à renforcer la qualité de l’apprentissage de la conduite dans les auto-écoles » , par le biais, nous précise la même source, de «l’instauration de plus de rigueur avant la délivrance des permis de conduire». Déclarant, hier, lors du Forum d’El-Moudjahid, qu’ «il y aura un durcissement des conditions d’obtention du permis de conduire», Ahmed Naït El Hocine fait savoir  qu’«une évaluation automatique du niveau des formations  concernera les auto-écoles»  indépendamment, a-t-il poursuivi, «de la révision des programmes de formation», pour l’obtention du permis  de conduire.  Des statistiques du baromètre établi par le CNPSR, pour décrypter les accidents, durant les 11 mois de 2018, dont nous détenons une copie,    montrent que «96% des accidents de la circulation routière, sont dus au facteur humain». En plus clair, ce document pointe du doigt le non-respect du code de la route par les conducteurs,  dont l’excès de vitesse arrive en tête des causes des accidents, de l’année dernière,  les dépassements des limites de vitesse qui, eux, ont provoqué 4237 accidents outre la perte de contrôle des véhicules qui a été à l’origine de 1250 cas d’accidents.   La tranche d’âge des conducteurs causant plus de dégâts sur nos routes, et souvent, mortels,  révèle on ne peut mieux, dans quelle direction les campagnes de sensibilisation doivent le plus être  menées. Ils sont âgés entre 18 et 39 ans, les usagers du volant qui sont  impliqués dans pas moins de
14 277 accidents, selon la même source. Ce qui nécessite  le contrôle rigoureux de la procédure de délivrance des permis de conduire, quisemble devenir  un tiket pour la mort. Nul n’ignore que le favoritisme, la souplesse et parfois  moyennant une somme d’argent pour pouvoir décrocher le permis de conduire, sont des pratiques courantes, devant être, de plus en plus,  au centre des campagnes  de sensibilisation, notamment par les premiers concernés, ceux en charge de ces auto-écoles, alors que d’autres se soucient uniquement du gain  rapide et facile, pour faire tourner leur activité commerciale. Selon le document du CNPSR, les conducteurs sans professions arrivent en tête des personnes à l’origine  de plus de
5 200  accidents survenus l’an dernier.  Même les chauffeurs professionnels ont causé, durant la même période, plus de 3 400  accidents. Le constat est bien là et édifiant. Alors à la question de savoir combien de personnes auraient pu être épargnées, d’une mort certaine ou d’un handicap à vie,  si et simplement si,  le respect du code de la route est de mise  autant que la maîtrise  effective de la conduite, chez ceux qui prennent le volant, le matin comme la  nuit ?
Mohamed Amrouni