CHAMBRE NATIONALE DES COMMISSAIRES AUX COMPTES : Vers un rapport sur la situation financière des entreprises

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La Chambre nationale des commissaires aux comptes a l’ambition de dresser un tableau précis de la situation financière réelle des entreprises algériennes et de transformer ces données en un outil d’aide à la décision économique. C’est le but de son projet national intitulé « Radioscopie financière des entreprises algériennes » consistant en l’exploitation de données agrégées extraites des états financiers audités. C’est inédit, apprend-on. Durée de mise en œuvre prévue : 14 mois ; publication du rapport national au quatrième trimestre 2027. Pour les responsables de ce projet, il s’agit de transformer les milliers de comptes audités chaque année en indicateurs nationaux révélant les tendances économiques sous-jacentes ; il s’agira, également, d’identifier les sources de financement des entreprises, leur niveau d’endettement et leur capitalisation, leur capacité à financer leurs investissements, leur rentabilité et leur solvabilité. Ils expliquent que ce projet revêt une importance particulière car il permettra de répondre à des questions difficiles à mesurer avec précision à l’aide des statistiques traditionnelles. Il s’agira notamment de déterminer le degré de dépendance des institutions au financement bancaire, l’impact des échéances de paiement des fournisseurs et des créances clients sur la trésorerie, le ratio d’autofinancement par rapport à l’endettement, et d’identifier les secteurs les plus vulnérables aux risques liés aux importations et aux fluctuations des taux de change. Comment se fera ce travail ? Selon la Chambre nationale des commissaires aux comptes L’analyse s’appuiera sur des données de 2023, 2024 et 2025, qui permettent d’étudier l’évolution de la situation financière des institutions algériennes sur une période donnée, au lieu de se baser sur un seul indicateur. Il sera alors possible de distinguer les difficultés conjoncturelles des changements structurels. Les auteurs du projet donnent l’exemple d’une augmentation de la dette qui peut résulter d’une expansion des investissements, tandis qu’une baisse continue de la rentabilité sur plusieurs années pourrait révéler un déséquilibre financier plus profond. La même source indique que l’étude mesurera également le niveau d’intégration locale dans plusieurs secteurs industriels en analysant la structure de la consommation intermédiaire afin de déterminer dans quelle mesure la production nationale dépend des intrants importés. Une attention particulière, fait-on remarquer, sera portée aux industries agroalimentaires et céréalières, aux matériaux de construction, aux plastiques, à l’aluminium, aux composants automobiles, à la sidérurgie, aux dispositifs médicaux, ainsi qu’à l’hydraulique et à la gestion de l’eau. Observation importante : la confidentialité professionnelle ne constituera pas un obstacle au projet, mais en est au contraire un élément fondamental. Pourquoi ? Les données seront collectées de manière anonymisée et agrégée, sans mention des noms d’entreprises, numéros d’identification fiscale, numéros d’immatriculation au registre du commerce ni d’aucune information permettant de les identifier. Mieux : aucun résultat relatif à une unité statistique comportant moins de dix observations ne sera publié, empêchant ainsi l’identification d’une entreprise en particulier. Autre initiative de la Chambre : la création d’un observatoire permanent des données financières auditées, permettant un suivi annuel de la santé des institutions, la détection précoce des vulnérabilités et la mesure de l’impact des politiques économiques. Il s’agit d’un véritable défi consistant à dépasser la simple « authentification des comptes » pour « interpréter l’économie ». On aura, alors, une connaissance nationale permettant d’identifier les secteurs nécessitant des financements et des incitations, et d’orienter les investissements sur la base de données financières auditées et fiables. Le rôle de l’auditeur ne serait plus un simple instrument d’audit des comptes, mais un acteur de la production de connaissances économiques. 

M. R.