Zbarbar

Bouira : Zbarbar retrouve la sérénité et trace la voie du développement

Sévèrement touchée par le terrorisme durant la décennie noire, la commune montagneuse et enclavée de Zbarbar, située sur les hauteurs de Lakhdaria (Ouest de Bouira), retrouve peu à peu sa sérénité et le chemin vers le développement, grâce à une série de projets lancés pour améliorer les conditions de vie de la population locale.

Après un exode massif enregistré durant les années 1990 à cause du climat d’insécurité et de violence qui régnait dans ses villages, Zbarbar a pu panser ses plaies plus de 20 ans après. Des attentats à la bombe, massacres de population et autres crimes abominables ont poussé les habitants de plusieurs localités à partir vers d’autres régions plus clémentes. «Mais aujourd’hui, Dieu merci, la majorité des habitants, qui ont quitté Zbarbar à cette époque là, est revenue avec le retour du calme et de la vie, notamment à Zouabria, Ouled Gassem, B’ssibssa, ainsi que G’dawra Hamamid», a indiqué le président de l’Assemblée populaire communale (APC), M. Bouttouche Mohamed. La roue du développement a été mise en place depuis une dizaine d’années via le lancement d’une série de projets et d’opérations pour désenclaver cette région montagneuse et la raccorder notamment aux réseaux de l’électricité, du gaz ainsi que d’eau potable. «Le retour du calme et de la paix dans la région, après de lourds sacrifices consentis par les différents services de sécurité, a permis aux pouvoirs publics de lancer des projets importants dont notamment l’ouverture et le revêtement des routes et la réalisation d’établissements scolaires et de santé au profit des populations», a expliqué M. Bouttouche. Malgré les carences enregistrées, les localités enclavées à l’image d’Ouled Gassem, Ouled Boukarm, Zouabria, El-Krana, Laghranta, B’ssibssa et Boukouchen, sont aujourd’hui toutes raccordées au réseau d’alimentation en eau potable (AEP). «Les réseaux sont réalisés ainsi que des réservoirs, et l’eau arrive deux fois par semaine. Ce problème est pris en charge avec la réalisation de forages pour renforcer l’alimentation» a assuré le président de l’APC. A Kramna, une école primaire a été réalisée au profit des élèves de cette bourgade qui a beaucoup souffert des affres du terrorisme. Au chef-lieu communal, la situation s’est nettement améliorée, notamment, avec l’ouverture d’un centre de santé et d’un bureau de service dentaires. «Un autre centre de santé a été ouvert aussi à Ouled Gassem ainsi qu’à Zouabria pour prendre en charge les malades de cette zone», a précisé le même responsable.

L’agriculture : un grenier d’emploi pour les jeunes locaux
Classés comme zones d’ombre, les 14 villages que compte la commune de Zbarbar, offrent de précieuses opportunités pour les jeunes locaux désirant investir dans le secteur de l’agriculture. La région est connue pour sa production avicole et fruitière. Selon le président de l’APC, la municipalité a bénéficié, récemment, d’une superficie de 20 hectares destinée à la plantation d’arbres fruitiers. «La plupart des jeunes sont des agriculteurs. Ceux-ci n’ont pas le choix, mais ils demandent plus de moyens pour réussir», a expliqué Amar, un villageois de Boukouchen. A l’entrée de ce village, la vie semble très modeste pour les habitants locaux. Le caractère épars de leurs habitations, décrit à tout visiteur l’ampleur de leurs souffrances et de leur enclavement. Sur un ton joyeux, Amar s’est dit très content de voir venir des délégations de la wilaya et des journalistes pour s’enquérir de la situation des citoyens. «Ici, nous vivons dans l’isolement total, votre présence et la récente visite du wali Lekhal Ayat Abdeslam à Zbarbar nous a rendu l’espoir», a-t-il dit. «C’est vrai qu’il existe toujours des carences à combler, mais il faut dire que beaucoup de choses ont été faites à Zbarbar avec la réalisation de routes, des écoles, des stades et des aires de jeu, ainsi que des centres de santé», a-t-il dit. L’absence d’eau pour l’irrigation agricole, notamment depuis la réalisation du barrage Koudiet Acerdoune, ayant entraîné le détournement des cours d’eau et des eaux de sources qui étaient utilisées par les agriculteurs pour irriguer leurs vergers, vers la cuvette de cet ouvrage hydraulique, décourage, toutefois, de plus en plus les paysans, selon le même responsable. «L’eau pour l’irrigation agricole pose un sérieux problème à Zbarbar. Nous voulons encourager les jeunes chômeurs à investir dans ce secteur prometteur, mais nous devons aussi leur fournir les moyens», a souligné le président de l’APC. Le développement à Zbarbar s’est aussi traduit par la réalisation de trois stades communaux de football ainsi que quatre aires de jeu au profit des jeunes et des enfants. «Un centre de sport de proximité (CSP) a aussi été réalisé, mais qui demeure fermé à ce jour, à cause de l’absence d’équipements», a déploré M. Bouttouche. Par ailleurs, l’attribution d’aides à l’habitat rural a beaucoup aidé les familles et les citoyens à revenir à Zbarbar, qui a bénéficié de plus de 300 aides depuis 2013. Ancien haut-lieu de la Résistance anticoloniale, la commune de Zbarbar, qui compte près de 7000 habitants, a bénéficié entre autres de projets d’extension du réseau d’électrification rurale pour permettre à tous les foyers de se raccorder au réseau électrique. «Une opération de captage de source a aussi été réalisée pour permettre aux populations locales de s’alimenter davantage en eau potable», a indiqué le maire. Les autorités locales ont réussi, en outre, à fournir le transport scolaire aux élèves de la commune avec le déploiement quotidien de 10 bus.

L’absence de transport de voyageur, un calvaire pour les habitants
La dotation de la commune de Zbarbar en transport de voyageurs est l’une des premières doléances des citoyens de cette zone montagneuse, distante de 30 kilomètres de la ville de Lakhdaria. «Nous n’avons pas de transport de voyageurs, c’est un véritable calvaire. Nous nous déplaçons par taxi-clandestin et encore, avec difficulté», s’est plaint Mohamed, un jeune âgé de 27 ans, originaire d’Ouled Gassem.
«La sérénité y est revenue, je me demande pourquoi cette absence de transport de voyageurs», a-t-il dit. A ce propos, le président de l’APC, a expliqué qu’il s’agit d’un épineux problème qui devait être résolu du temps du wali Mustapha Limani. «M. Limani a autorisé l’ouverture de trois lignes de transport via un recours à l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (Ansej) pour l’achat de trois bus de transport de voyageurs, mais la procédure n’a pas encore abouti et le problème persiste toujours», a expliqué le Maire de Zbarbar.
Certains transporteurs rencontrés à la station de Lakhdaria ont avoué à l’APS que l’éloignement de Zbarbar (distance de 30 km), ainsi que l’étroitesse de ses routes montantes, est l’une des raisons qui empêche les gens à opter pour cette desserte. «La route est très étroite, montante et sinueuse sur une distance de 30 kilomètres, ce n’est pas facile», a estimé Hakim, un transporteur de voyageur.