Après l’accord Moscou-Ryad sur la production pétroleère : l’Arabie saoudite se désavoue

Après l’annonce, mardi dernier, de l’accord conclu entre Moscou et Riyad de geler la production de l’or noir, à son niveau de production de janvier dernier, correspondant approximativement à 35 dollars le baril, deux jours après, l’Arabie saoudite revient pour déclarer, qu’elle n’est pas prête de baisser sa production pétrolière, gelant ainsi, la traduction de son accord avec Moscou.

Déclarant ne pas être prêt à baisser sa production pétrolière, le gouvernement saoudien revient, à moins de deux jours, sur son accord conclu, mardi dernier à Doha, avec Moscou, portant sur le gel de la production pétrolière au niveau de celle de janvier dernier, fixant le prix du baril approximativement à 35 dollars. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir explique ce retour à la case de départ, d’avant la rencontre de Doha, en déclarant que « l’Arabie saoudite n’est pas prête à réduire les prix du pétrole qui ont perdu 70% de leur valeur depuis la mi-2014 » et seront déterminés, selon ce responsable, dans un entretien à l’Afp, jeudi dernier, «par l’offre et la demande et par les forces du marché.» a-t-il affirmé. Pour le chef de la diplomatie saoudienne, ce n’est pas à son pays de soutenir les prix du pétrole, par la baisse de la production pétrolière de Riyad, mettant ainsi aux calendes grecques l’application de l’accord précité, conclu avec Moscou, mardi dernier, dans la capitale Qatarie, par son collègue le ministre du Pétrole et des Ressources minières Ali Al-Naimi. Celui-ci avait indiqué que le niveau moyen de la production de l’or noir étant fixé, à un niveau de production de janvier dernier, resterait «adéquat» et que son pays est «en mesure de satisfaire la demande de ses clients» a assuré Ali Al-Naimi, mardi dernier. Deux jours après, les producteurs, les pays membres de l’Opep et hors cette organisation reviennent à la case de départ, d’avant mardi, après les déclarations en question du chef de la diplomatie saoudienne. Même si pour des observateurs avérés la sortie médiatique du responsable saoudien n’est pas une surprise, au regard de la portée de la course par certains acteurs, dont Riyad et les Etats- Unies qui accumulent des quantités de réserves de pétrole importantes, notamment l’inondation du marché pétrolier au niveau mondial, provocant ainsi la chute vertigineuse du prix de l’or noir, par une offre qui dépasse largement la demande. Des experts s’interrogent même sur les raisons à l’origine de la déclaration en question du chef de la diplomatie saoudienne en contradiction du travail accompli deux jours avant par son collègue Ali Al-Naimi, considéré outre un homme fort au sein de la Monarchie saoudienne, mais aussi au sein de l’Opep. Pour celui qui a eu à déclarer des mois avant sa rencontre à Doha, mardi dernier, avec son collègue russe, Alexandre Novak, que «ce n’est pas dans l’intérêt des producteurs de l’Opep de réduire leur production, quel que soit le prix», a-t-il lancé, dans une interview à l’Agence de presse officielle saoudienne, avant d’ajouter, «qu’il soit de 20 dollars, 40 dollars, 50 dollars ou 60 dollars, cela n’a pas de sens» a-t-il souligné. Si après le compromis dégagé, mardi dernier, entre la Russie et l’Arabie Saoudite, des interrogations sur les conséquences pratiques de cet accord se sont posées la déclaration du chef de la diplomatie saoudienne semble mettre un terme à ces questions, pour laisser place à d’autres. Dont notamment, la question de savoir les raisons principales ayant amené le chef de diplomatie de Ryad à tenir des propos, contredisant son collègue Ali Al-Naïmi, alors qu’il -Adel Al-Jubeir- est acculé par les retombés non moindres, des avancées de l’armée de la République syrienne et les frappes aériennes russes sur les terroristes dont ceux de Daech, dans ce pays. à cela s’ajoute les conséquences aussi de la guerre de Riyad au Yémen, que le chef de la diplomatie saoudienne doit gérer sur le plan diplomatico- politique et aussi médiatique, sur fond des risques avérés de l’enlisement de son pays dans cette guerre. Il est à rappeler, que Riyad, ; qui refusait catégoriquement de réduire sa production pétrolière, celle-ci était , de 10,091 millions de barils/jour, janvier dernier, selon le rapport mensuel de l’Opep, qui note dans ledit document que La production quotidienne de cette organisation en cette même période a atteint les 32,3 millions de barils/jour. Soit une hausse de 131 000 barils/jour, par rapport à décembre 2015 est-il souligné. Par ailleurs, le souci des pays exportateurs de voire la chute du prix du pétrole poursuivre son cours, craignant de voire son prix atteindre la barre du coût de revenu d’un baril, estimé à 20 dollars, a été une des principales raisons des efforts consentis par le Venezuela, aboutissant à l’accord de Doha. Lequel compromis n’a pas tardé, deux jours après, à être en suspend, avec les déclarations précitées du chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al-Jubeir, en attendant si son collègue, le ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minières Ali Al-Naïmi, s’exprimera ou expliquera, ce revirement à son tour.
Karima Bennour