Le procureur de la République près du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a requis, mardi soir, des peines allant jusqu’à 20 ans de prison ferme contre les accusés poursuivis dans l’affaire de corruption liée au projet du barrage de «Medjez B’gar», dans la wilaya de Guelma. Le parquet a également réclamé des amendes et le maintien des mandats d’arrêt internationaux visant deux accusés en fuite. Selon les détails du réquisitoire, il s’agit de 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars sont requis contre l’ancien ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, ainsi que deux anciens directeurs généraux de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Des peines de sept ans de prison ferme et d’un million de dinars d’amende ont été requises contre trois autres accusés. La peine la plus lourde, soit 20 ans de prison ferme assortis d’une amende de huit millions de dinars, a été requise contre le propriétaire de l’entreprise ETPH, accusé d’avoir bénéficié du marché. Le parquet a également requis 15 ans de prison ferme et une amende de huit millions de dinars contre un autre accusé en fuite. Procureur a, par ailleurs, demandé à la justice de condamner les mis en cause à verser 300 millions de dinars au Trésor public à titre de réparation du préjudice subi. Lors de son réquisitoire, le procureur a dénoncé un système de « détournement organisé de deniers publics », portant notamment sur les conditions d’attribution du marché et la conclusion de trois avenants ayant considérablement augmenté son coût. Selon les éléments présentés à l’audience, le projet, initialement attribué pour 77 milliards de centimes, a connu une hausse importante de son enveloppe financière, à travers des modifications successives du marché. Le parquet a estimé que ces pratiques avaient porté atteinte aux règles régissant les marchés publics et à la transparence des procédures.
Sarah O.

