À la demande de la défense, le PNAT a demandé le placement de l’agent consulaire sous contrôle judiciaire, estimant que son maintien en détention « n’est plus justifié ». L’affaire sera réexaminée le 13 juillet prochain, selon « Le Monde ».
Le quotidien français « Le Monde » a révélé, dans son édition de dimanche, que le Parquet national antiterroriste français (PNAT) a requis, le 11 juin 2026 dernier, la remise en libération de l’agent consulaire d’Algérie à Créteil en France, « Smaïl R. », après son placement en détention provisoire depuis le 12 avril 2025, pour accusations aussi farfelues qu’infondées liées à un supposé enlèvement du dénommé Amir Boukhors, un individu qui se présente comme un journaliste d’investigation mais qui n’est en réalité qu’un affabulateur doublé d’un escroc qui use de harcèlement pour financer son séjour en France.
Ce revirement dans le dossier laisse supposer que malgré les tentatives d’une certaine partie de la classe politique française, la droite et ses extrêmes, les relations entre Alger et Paris s’acheminent vers une embellie profitable aux deux pays. En pleine pré-campagne pour les élections présidentielles de 2027, la France officielle et malgré les gesticulations des aigris, semble avoir placé l’intérêt de la France au-dessus de toutes considérations et semble déterminée à renouer la coopération et le dialogue avec l’Algérie. Il faut rappeler, dans ce contexte, que l’accusation d’un agent consulaire algérien Smaïl R., repose sur les déclarations à la police de Amir Boukhors et sur le fait que le téléphone de Smaïl R. aurait borné autour de l’adresse du domicile de cet individu. Des preuves à charge qui ne sont pas étayées par des éléments crédibles pouvant appuyer l’accusation. Alger avait dénoncé une cabale et une affaire montée de toutes pièces pour vicier les relations entre les deux pays, mais cela n’avait pas poussé la justice française à rouvrir le dossier et à exiger un complément d’enquête. Ce complément était nécessaire pour l’accusation dans la mesure où Amir Boukhors a débité un récit qui ne tient pas la route et que rien ne pouvait corroborer. Dans sa plainte, il avait affirmé que le 29 avril 2024, de faux policiers l’avaient emmené de force dans un conteneur isolé, en Seine-et-Marne, il dit avoir été relâché 27 heures plus tard, après avoir été drogué avec des médicaments. Dans sa plainte, il avait raconté aux policiers que ses ravisseurs avaient « fait les surpris » en découvrant son identité, pensant plutôt qu’il avait détourné un camion de drogue, puis l’avaient libéré. « Vers 3 heures du matin, ils m’ont dit qu’ils allaient me libérer dans un lieu, d’aller tout droit, de prendre le train et de rentrer chez moi », avait-il indiqué dans sa déposition devant les policiers. Un récit qui semble aussi farfelu que l’accusation. Mais cela n’avait pas empêché le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, de souffler sur les braises et d’attiser la tension entre l’Algérie et la France.
Aujourd’hui, à la demande de la défense, le PNAT, qui s’était opposé auparavant à toutes les demandes de remise en liberté, a demandé le placement de l’agent consulaire sous contrôle judiciaire, estimant que « son maintien en détention n’est plus justifié ». Il est prévu que l’affaire soit réexaminée le 13 juillet prochain, selon « Le Monde ». Le dénouement de cette affaire pourrait faire avancer le rapprochement entre Alger et Paris et surtout mettre en place une atmosphère sereine capable de consolider les canaux de dialogue renoués après des mois de tension, de faire avancer l’étude de plusieurs dossiers en suspens et surtout de relancer la coopération. Cela pourrait même créer les conditions pour une grâce que déciderait le président de la République M. Abdelmadjid Tebboune au profit de dialogue pour le journaliste sportif français, Christophe Gleizes, condamnée à sept ans de prison ferme par la justice en Algérie.
Slimane B.










































