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AFRIQUE : L’engagement de l’Algérie pour la paix et la sécurité

À partir d’aujourd’hui, durant trois jours, l’Algérie abrite, à Oran, les travaux de la 9ème Conférence de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, sous le thème  « Soutien aux nouveaux membres africains au Conseil de sécurité des Nations unies dans le traitement des questions de la paix et de sécurité dans le continent africain ».

Le but de cette réunion est de renforcer la coopération et la coordination entre le Conseil de paix et de sécurité africain et les membres africains du Conseil de sécurité de l’ONU (Gabon, Ghana et Mozambique) dans l’accomplissement de leurs tâches, notamment en ce qui concerne la défense des positions et des intérêts communs de l’Afrique lors de la prise de décision au Conseil de sécurité des Nations unies sur les questions de paix et de sécurité relatives au continent. Selon le protocole relatif à sa création, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA est un organe de décision permanent pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Il constitue un système de sécurité collective et d’alerte rapide, visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique. Dans l’exercice de son mandat dans la promotion et le maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA coopère et travaille en étroite collaboration avec le Conseil de sécurité des Nations unies, qui assume la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
La Conférence se tient donc avec la participation de niveau ministériel des Etats membres du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, ainsi que des membres africains du Conseil de sécurité de l’ONU, outre des experts et des représentants de haut niveau des instances africaines et des Nations unies. Pour l’Algérie, cette Conférence est un prolongement des éditions précédentes qu’elle a initiées dans le cadre de son engagement ferme et constant en faveur du soutien de l’action de l’UA dans le domaine de la paix et de la sécurité et ses efforts inlassables pour promouvoir l’action africaine commune. Ce sont ces objectifs qui motivent principalement la candidature de l’Algérie à l’adhésion au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025, en coordination avec les pays africains et à la lumière de son plein engagement envers les objectifs et les principes de la Charte constitutive de l’UA et de la Charte des Nations.
Les conflits qui perdurent en Afrique, souvent du fait d’ingérences extérieures, dans des régions transformées en déversoirs pour tous les trafics d’armes, ont montré les limites de l’action du Conseil de sécurité, dans son format actuel, en matière de prévention de ces conflits et de préservation de la paix sur le continent. L’exemple de l’intervention de l’Otan en Libye, en 2011, en violation  du droit international, en est une illustration dramatique. Cette intervention de l’OTAN, malgré l’opposition de pays africains, a plongé depuis plus de dix ans ce pays dans le chaos sécuritaire, et  dans des problèmes épineux et complexes, qui rendent extrêmement difficile le retour à la vie politique  et institutionnelle. Les ingérences étrangères en Libye ont plongé sa population  dans la pauvreté  alors qu’elle avait, avant l’assassinat de Mouammar El Gueddafi, un  niveau de vie de qualité dont bénéficiaient des  centaines de milliers de travailleurs étrangers.
La Libye est devenue source de terrorisme dans le Sahel et de migration irrégulière vers l’Europe. En 2011, l’UA avait plaidé- sans être écoutée- en faveur du dialogue en Libye pour éviter que ce pays sombre du fait de l’intervention de l’OTAN. Cet épisode criminel a amené de nombreuses voix à s’élever pour demander au Conseil de sécurité de se réformer, en intégrant des États africains en tant que membres permanents, avec droit de véto leur permettant d’empêcher les ingérences étrangères qui visent à maintenir le pillage des richesses de l’Afrique par les anciennes puissances coloniales et leurs alliés.
M’hamed Rebah