Djemaï

ACCUSATIONS PORTÉES SUR LE DOS DE BOUCHAREB : Djemaï demande à la justice d’agir

Nouvel épisode dans ce bras de fer qui risque désormais de perdurer entre Mouad Bouchareb et la direction du FLN. Le SG du FLN, Mohamed Djemaï, en effet, n’a cessé d’appeler l’actuel président de l’APN à démissionner. Le tout dans le sillage de l’élection du nouveau patron de l’ex-parti unique dans une tentative de redorer le blason du parti après l’avènement du mouvement populaire et pacifique.
Le premier responsable du parti FLN, Mohamed Djemaï, a accusé, mercredi dernier, son prédécesseur, Mouad Bouchareb, de s’être «auto-désigné» à la tête du FLN sur un coup de téléphone des forces extraconstitutionnelles ». Ou encore, lui reproche-t-il de « trahir le peuple » et « se taire sur les attaques contre l’Armée », demandant au procureur de la République de s’autosaisir sur ces charges très graves. Alors qu’il avait pris part à la destitution de Bouhadja de la présidence de l’APN, l’actuel patron de l’ex-parti unique « demande officiellement » dit-il «  au procureur de la République de s’autosaisir de la traîtrise de Bouchareb envers le peuple et la nation ainsi que de sa traîtrise envers l’ANP », a dénoncé Djemaï. Il a réitéré, à l’occasion, son appel à Bouchareb de démissionner : « On lui a dit que le peuple lui demande de partir et de quitter son poste car l’Algérie a besoin de sa stabilité aujourd’hui. Mais dans le cas où il refuse, nous n’allons pas fléchir. La décision de son départ est irréversible ». Le SG du FLN intervenait lors d’une conférence de presse au siège de son parti, mercredi dernier, suite à l’installation de deux commissions permanentes pour la discipline partisane pour l’une et les études prospectives pour la seconde. Répétant sa demande de pardon de « son excellence le peuple », Djemaï a réaffirmé que « le FLN soutient les exigences du peuple de manière irréversible jusqu’à leur satisfaction ». Avant de fustiger la gestion du parti à l’époque de Mouad Bouchareb, désigné en novembre dernier comme coordinateur général du parti suite à la démission d’Ould Abbès, lui reprochant de « dévier le FLN de ses militants et du peuple ». « Notre parti revient de loin et nous affirmons que le temps du l’indiscipline, des injonctions par téléphone et des forces extraconstitutionnelles est fini », a-t-il lancé, prévenant que « désormais, il n’y a aucune place aux forces extraconstitutionnelles qui ont failli engager le pays dans une voie sans issue et aux conséquences incertaines ». Pour enfoncer davantage son « adversaire », Djemaï est revenu à l’épisode du « cadenas », lorsque les députés FLN ont procédé, en octobre dernier, à la fermeture des portes de l’APN par une chaîne métallique et un cadenas pour empêcher son président d’alors, issu également du FLN, Saïd Bouhadja, d’accéder à l’intérieur de l’hémicycle, des images qui ont gravement entaché le parti. « Mouad Bouchareb est l’architecte du “cadenas.” J’ai été présent et témoin avec d’autres députés et nous sommes prêts à livrer nos témoignages devant la justice », a-t-il accusé, renouvelant, par la suite, son soutien à la décision de son groupe parlementaire de geler ses activités à la chambre basse du parlement. Continuant à laver le linge sale du parti en public, Djemaï a évoqué également le méga meeting organisé le 9 février dernier par le FLN à la Coupole pour soutenir le cinquième mandat de Bouteflika, accusant Bouchareb « d’induire l’opinion publique en erreur » et de causer le qualificatif de « parti du cachir » collé au FLN et ses militants. Par contre, après avoir fait l’impasse sur la question un moment, Djemaï a commenté les prochaines présidentielles dont la date n’est pas encore fixée. Il a révélé ainsi les plans du parti : « Le FLN pourrait avoir son candidat ou soutenir un candidat à la prochaine présidentielle ». « Le FLN a beaucoup de cadres compétents qui peuvent représenter le peuple, loin de tout égoïsme. Ce qui nous importe au FLN, c’est de sortir de la crise actuelle », a-t-il poursuivi, rappelant son soutien à l’ANP et critiquant les partisans de la transition et « ceux qui appellent à sortir de la Constitution ».
Hamid Mecheri