FRONT POLISARIO : « L’autodétermination, une ligne rouge »

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Sidi Mohamed Omar

Le Front Polisario a réaffirmé la détermination du peuple sahraoui à exercer son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination et à l’indépendance, soulignant que son aspiration à vivre libre et souverain demeure une ligne rouge, au lendemain de l’annonce de la cessation des opérations de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Dans une déclaration rendue publique dimanche à New York, le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Omar, a indiqué que le mouvement prenait acte du communiqué du porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, annonçant la fin des activités de la mission déployée depuis 1991. Le diplomate sahraoui a rappelé que la MINURSO avait été créée dans le cadre du Plan de règlement conjoint ONU-OUA, avec pour mission initiale de permettre l’organisation d’un référendum libre et équitable afin de parachever le processus de décolonisation du territoire. Le Front Polisario a imputé au Maroc la responsabilité de l’impasse ayant conduit à cette situation, l’accusant d’avoir « tout mis en œuvre pour entraver et saper le mandat de la MINURSO », notamment à travers l’expulsion, en 2016, de sa composante civile et des observateurs de l’Union africaine. Il a également dénoncé le rôle des soutiens de Rabat au sein du Conseil de sécurité. Réaffirmant que la fin des activités de la mission onusienne ne saurait remettre en cause les droits légitimes du peuple sahraoui, Sidi Mohamed Omar a souligné que le retrait du personnel de l’ONU ne constituait en aucun cas une renonciation à son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Il a, dans ce contexte, réitéré la détermination du peuple sahraoui à défendre ses aspirations par « tous les moyens légitimes », conformément aux résolutions pertinentes du droit international. Le Front Polisario a, par ailleurs, réaffirmé sa disponibilité à coopérer avec les efforts du secrétaire général de l’ONU et du Conseil de sécurité en vue de parvenir à une solution juste, durable et définitive, garantissant au peuple du Sahara occidental l’exercice de son droit à l’autodétermination.

Un projet américain contesté
S’exprimant devant la presse internationale à l’issue de la réunion du Conseil de sécurité tenue vendredi sur la MINURSO, Sidi Mohamed Omar a indiqué que le Conseil n’était pas parvenu à adopter une nouvelle résolution concernant le mandat de la mission. Il a précisé que les autorités sahraouies procéderaient à une évaluation de la situation avant de rendre publique leur position officielle en temps opportun. Le représentant du Front Polisario a également vivement critiqué le projet de résolution élaboré par les États-Unis, estimant que celui-ci ne prenait pas en considération les préoccupations légitimes du mouvement sahraoui, ni les observations et propositions de fond formulées par plusieurs membres du Conseil de sécurité. Selon lui, ce texte constituait une grave violation du droit international et des principes régissant le statut du Sahara occidental en tant que question de décolonisation. En cherchant à prédéterminer le cadre des négociations et les contours du règlement définitif, le projet américain portait atteinte au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, a-t-il soutenu. Le diplomate a, en outre, mis en garde contre toute tentative de légitimer l’occupation marocaine du Sahara occidental, estimant qu’une telle démarche risquerait de compromettre les fondements du processus de paix conduit par les Nations unies et de créer un précédent dangereux pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

Le soutien de la Russie salué
Sidi Mohamed Omar s’est félicité du rejet du projet de résolution américain, saluant particulièrement l’opposition de la Russie, ainsi que les abstentions de la Chine, du Pakistan et de la Somalie. Il a qualifié la position russe de « message fort » contre les tentatives visant à saper le processus de paix onusien, soulignant que le droit international, la justice et les perspectives d’une paix durable ne devaient pas être sacrifiés au profit d’intérêts politiques ou d’accords reposant sur des marchandages. En conclusion, le représentant du Front Polisario a estimé que le peuple sahraoui avait une nouvelle fois démontré sa détermination à défendre ses droits, rappelant que sa liberté et sa souveraineté constituaient une ligne rouge pour laquelle plusieurs générations se sont sacrifiées. Il a enfin salué le peuple sahraoui, ainsi que ses amis et alliés, pour ce qu’il a qualifié d’acquis « historique ».
M. Seghilani