PRATIQUES COMMERCIALES SPÉCULATIVES : L’État oppose la force de la loi

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Les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des amas de sardines ou de tomates jetées dans la nature ont donné l’explication sur l’origine de la hausse vertigineuse des prix de ces produits et par extension de tout ce qu’achètent les Algériens pour leur alimentation quotidienne.
En tirant avantage de la loi de l’offre et de la demande, par la réduction de l’offre et surtout en évitant que celle-ci soit abondante, les « opérateurs » auteurs de ces pratiques illégales poussent les prix à la hausse et obtiennent des profits faciles au détriment de leurs compatriotes dont le pouvoir d’achat est ainsi rogné, en même temps que la sécurité alimentaire de la société est mise en péril alors que l’ordre public économique de l’État subit une atteinte grave. Face à cette situation, un communiqué du parquet général près la Cour d’Alger a fait savoir que le procureur général près la même Cour « a ordonné aux services de la Police judiciaire relevant des différents corps de sécurité compétents, sous la  supervision du pôle national de lutte contre la criminalité organisée, d’ouvrir des enquêtes immédiates, urgentes et exhaustives en vue d’identifier toutes les personnes ayant participé à ces actes, les ayant encouragés, financés ou en ayant tiré profit, quels que soient leur qualité ou leur statut, mettre au jour les réseaux qui se trouvent derrière ces agissements et leurs ramifications, ainsi que retracer les circuits d’acheminement des marchandises et les réseaux de stockage et de distribution, déférer les individus impliqués devant les juridictions compétentes afin qu’ils répondent de leurs actes conformément aux dispositions des lois en vigueur et aux sanctions les plus sévères qu’elles prévoient ». Le communiqué évoque le caractère organisé de ces actes, « fondé sur la coordination et la répétition, révélant ainsi l’existence de groupes criminels qui s’emploient délibérément à provoquer des crises, cibler le pouvoir d’achat des citoyens, porter atteinte à la sécurité et à la santé publiques et partant, compromettre l’économie nationale ». Le parquet général a affirmé que « la loi sera appliquée avec fermeté et sans exception à l’encontre de toute personne dont l’implication sera établie », appelant également les citoyens à « faire preuve de vigilance et de responsabilité », les invitant à « signaler toute pratique similaire aux services de sécurité compétents ou au parquet général, étant donné que « la protection de l’économie nationale et des moyens de subsistance du citoyen est une responsabilité partagée entre l’État et la société ». Les pouvoirs publics ont décidé de porter la lutte contre la spéculation sur le terrain économique par l’intervention de l’État sur les prix à la consommation des produits de base en vue de sauvegarder le pouvoir d’achat du citoyen. Ce jeudi, en présentant le budget de son secteur dans le cadre du projet de Loi de finances (PLF) 2027 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a déclaré que son secteur s’attèle à l’élaboration des textes réglementaires nécessaires à la régulation de l’activité des intermédiaires de vente et au plafonnement des marges de bénéfice des produits de large consommation, en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation, en application des orientations du président Abdelmadjid Tebboune. D’autre part, le président de la République a chargé le Premier ministre d’ouvrir immédiatement une enquête sur le rôle négatif de certains importateurs dans la monopolisation et la hausse des prix des viandes importées et auprès des boucheries qui les commercialisent au prix de la viande locale, ainsi que sur les écarts de prix de la viande en boucherie dans les différentes wilayas, voire dans les quartiers. On sait qu’il est prévu la création d’une entreprise publique de régulation chargée d’acheter directement les surplus de production auprès des agriculteurs pour les stocker et les réinjecter sur les marchés en fonction de la demande.
M’hamed Rebah