Dans le cadre de la visite de travail qu’il effectue à Stockholm, en Suède, la délégation féminine sahraouie a organisé, mardi soir, une conférence intitulée « La réalité des femmes sahraouies au Sahara occidental », au siège des organisations de la société civile suédoise, en présence de représentants du Comité suédois de solidarité avec le peuple sahraoui et de l’organisation Africa Groups of Sweden.
La rencontre a permis de mettre en lumière le parcours des femmes sahraouies, leur rôle dans la lutte nationale et les violations des droits humains auxquelles elles sont confrontées dans les territoires occupés du Sahara occidental. Prenant la parole à l’ouverture de la conférence, la ministre des Affaires sociales et de la Promotion de la femme, Eswailma Beyrouk, a exprimé ses remerciements aux participants au nom des femmes sahraouies. Elle a rappelé les sacrifices et les souffrances endurés par ces dernières depuis le début de l’invasion marocaine du Sahara occidental, marquée notamment par les déplacements forcés, l’exil et de multiples épreuves. La ministre a également souligné le rôle central des femmes sahraouies dans la création des camps de réfugiés, la construction des institutions de l’État sahraoui et les différentes étapes de la lutte nationale, aux côtés des hommes, depuis le déclenchement de la révolution sahraouie jusqu’à aujourd’hui. Elle a insisté sur la place essentielle qu’occupe la femme dans la société sahraouie, notamment dans l’éducation des générations futures, le renforcement de la résilience et la poursuite de la lutte pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à la liberté, à l’autodétermination et à l’indépendance, ainsi que de recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Eswailma Beyrouk a, par ailleurs, mis en avant les acquis politiques et institutionnels réalisés par les femmes sahraouies au sein de la République sahraouie, à travers leur participation à la gestion des affaires publiques et leur accès à des responsabilités politiques, diplomatiques et législatives dans les institutions de l’État.
Des violations dénoncées dans les territoires occupés
De son côté, Mina Abaali, membre de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine, a dressé un tableau de la situation des femmes sahraouies dans les villes occupées du Sahara occidental. Elle a dénoncé les violations de leurs droits humains et juridiques, évoquant notamment des actes de torture, des mauvais traitements, des arrestations, des enlèvements et des agressions sexuelles qu’elle attribue aux services de sécurité de l’occupant marocain. La militante des droits humains a également évoqué plusieurs cas de souffrances vécues par des femmes sahraouies lors de périodes de disparition forcée et de détention dans des lieux secrets et des centres de détention. Elle a souligné que ces pratiques portaient atteinte à leur dignité ainsi qu’à leur intégrité physique et psychologique. Mina Abaali a affirmé que les femmes sahraouies, à l’instar de l’ensemble de la population, demeuraient déterminées à poursuivre leur lutte et à faire face aux violations. Elle a notamment cité la création de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine, une initiative qui constitue, selon elle, un défi lancé aux autorités marocaines depuis l’intérieur même des territoires occupés. Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités menées par la délégation féminine sahraouie durant sa visite en Suède. Ces initiatives visent à faire connaître la situation des femmes sahraouies, à attirer l’attention sur la réalité des droits humains au Sahara occidental et à informer l’opinion publique suédoise des derniers développements de la lutte du peuple sahraoui pour l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
M. S.

