LE PRÉSIDENT TEBBOUNE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE NATIONALE DE L’ÉMIGRATION : « L’État protégera ses ressortissants où qu’ils se trouvent »

0

L’attachement des membres de la communauté nationale à l’étranger à la mère patrie n’a jamais été aussi fort que depuis ces dernières années. Le renforcement des liens entre nos compatriotes partout à travers le monde et leur pays de naissance a pris du sens à partir de l’intérêt et de l’attention accordés par l’État à leur égard.  

L’Algérie commémore la Journée nationale de l’émigration, qui coïncide cette année avec le 65e anniversaire des manifestations algériennes du 17 octobre 1961 à Paris et qui étaient réprimées dans le sang par la police française de Maurice Papon, a donné l’occasion au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de renouveler toute l’attention qu’il accorde à nos ressortissants à l’étranger dans un contexte marqué par une montée du sentiment xénophobe et raciste à l’égard des populations émigrées et dont les Algériens, à l’instar d’autres nationalités, font l’objet de stigmatisations. Devant cette campagne de rejet et de haine qui cible par ailleurs leur pays, nos ressortissants ont fait preuve de patriotisme et continuent à défendre avec véhémence leur patrie. Ainsi, dans un message adressé hier à la Nation, le président Tebboune écrit, à ce sujet : « Je tiens à exprimer notre fierté pour l’esprit de loyauté et d’engagement national qui continue d’animer la conscience de chaque Algérienne et de chaque Algérien de notre communauté à travers le monde entier. Je salue l’ensemble des membres de la communauté, où qu’ils se trouvent ». Il ajoute en réaffirmant, en guise d’assurance à leur égard, « l’engagement total de l’État à veiller à leur protection, à préserver leurs intérêts et à assurer à nos ressortissants et à leurs familles sérénité et facilités lors de leurs déplacements, afin de garantir leur lien permanent avec leur patrie et leur attachement à la terre de la fierté et de la dignité. »

Abordant cette journée/nuit macabres du 17 octobre 1961, lors de laquelle des centaines d’Algériens pacifiques sont jetés dans la Seine à Paris, le Président dira : « Commémorer avec déférence les sacrifices des dirigeants de la lutte nationale en exil, ainsi que le patriotisme d’une génération de travailleurs qui, en dépit de leurs conditions éprouvantes à cette époque, ont fait preuve de leur attachement à la Révolution avec un esprit de défi face à toutes les formes d’arbitraire et une détermination de s’engager pleinement dans le combat acharné que menait l’Algérie, qui payait un lourd tribut en sang de martyrs pour recouvrer l’indépendance et la souveraineté nationale. » Commémorer « le jour où des foules d’Algériennes et d’Algériens sont descendues dans les rues de la capitale française, Paris, pour dénoncer la décision raciste du couvre-feu que les autorités coloniales leur avaient imposée et qui restreignait leurs libertés. « Cette mesure exprimait la haine de la police française, sous le commandement du criminel Maurice Papon, envers l’Algérie rebelle et combattante », lit-on dans le message.

Bâtir ce que nos martyrs ont libéré

En hommage à nos aïeux qui ont combattu sur le front extérieur pour l’indépendance de l’Algérie, le Président a employé des mots forts et loin d’être tendres à l’égard d’autorités françaises qui ont fait preuve d’une férocité inouïe en commettant des actes assimilés à des crimes de guerre.  « Étant alors le prolongement et le soutien de la glorieuse Révolution de libération, les Algériens ne se sont pas résignés à cette mesure injuste et arbitraire par laquelle la police française s’était persuadée qu’elle pourrait isoler la Révolution de son prolongement au cœur même de son territoire. Ils ont exercé leur droit de descendre dans les rues de Paris pour des manifestations pacifiques, affirmant leur cohésion et leur attachement à la patrie, ainsi qu’à la lutte armée qui battait son plein en cette fin d’année 1961, alors que s’annonçaient les prémices de la victoire et de l’émancipation », a-t-il martelé, rappelant qu’en « faisant face à la répression coloniale policière haineuse, en affrontant à mains nues les balles réelles et en perdant ainsi des dizaines de manifestants, noyés sauvagement dans la Seine, notre communauté nationale a ancré son appartenance à un peuple authentique, ancestral, fier et libre, ainsi qu’à une civilisation et à une histoire enracinées sur la terre de notre chère Algérie. »

Ce message entend, par ailleurs, perpétuer le sentiment patriotique chez les générations d’aujourd’hui qui sont devant la responsabilité collective de bâtir ce que leurs aïeux ont libéré durant la guerre de Novembre 54. Le Président a sans doute la pleine conscience que les défis de l’heure en matière de développement de l’Algérie restent consubstantiels à la participation de tous ses enfants, qu’ils soient à l’intérieur ou qu’ils se trouvent à l’extérieur du pays. Maintenant que les ponts sont jetés, les liens sont consolidés et les interactions sont établies entre l’Algérie et ses enfants à l’étranger, avec notamment un cadre qui leur confère le droit de jouir des mêmes droits que leurs concitoyens de l’intérieur du pays, la prochaine étape consiste à matérialiser les aspirations en matière de participation à la vie active du pays. La dernière initiative du chef de l’État à cet égard était la mise en place du Haut conseil regroupant les figures scientifiques nationales à l’étranger pour apporter leur pierre à l’édification de leur pays.

Farid Guellil