La rencontre annuelle Tebboune – Patronat a été l’occasion de prendre le pouls de l’économie nationale et de faire part de ses principaux indicateurs.
Le président Abdelmadjid Tebboune, qui a présidé, hier, au CIC Abdelatif-Rahal à Alger, les travaux de la rencontre nationale avec les opérateurs économiques, a fait part de perspectives prometteuses pour l’Algérie 2027 avec l’ambition de passer d’une économie dirigée vers une économie libérale, mais qui demeure attachée au caractère social de l’État. Cette rencontre, initiée par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), s’est déroulée en présence de hauts responsables de l’État, de membres du Gouvernement, de hauts cadres, de dirigeants d’entreprises et de groupes industriels publics et privés, ainsi que des responsables de plusieurs instances publiques. Une rencontre qui traduit le soutien de l’État renouvelé aux opérateurs « intègres et sérieux », distingue le chef de l’État.
Le Président a, dans son allocution prononcée à cette occasion, invité d’emblée les opérateurs économiques à continuer sur la dynamique positive et le virage opéré par l’Algérie dans le cadre de la diversification économique en restant focus sur l’ambition d’atteindre le rang de pays émergent d’ici 2027. « Je vous invite à adhérer à cette démarche et à contribuer à bâtir une économie moderne, compétitive et résiliente », a-t-il dit, exhortant les acteurs économiques à barrer la route aux fraudeurs qui tentent d’épuiser les réserves de change sans contrepartie pour l’économie nationale. Qualifiant leur présence de minoritaire dans le circuit économique, le Président a mis en garde contre la résurgence des opérateurs « parasites » qui tentent de faire perdurer la culture de la rente pour profiter de l’argent public.
Mettant un terme, une fois de plus, à toute tentative de revenir aux anciennes pratiques qui ont consacré la gabegie, le Président garde le cap sur ses objectifs. « Notre pays est en train d’opérer le passage d’une économie dirigée vers une économie libérale, mais en tenant compte du caractère social de l’État », a-t-il affirmé en substance. Il a souligné que la mission est difficile, mais que l’État œuvrera pour limiter les dégâts de cette transition sur le plan social. Autrement dit, l’économie nationale sera libéralisée en respect du caractère social. « Nous sommes dans l’obligation de passer à une économie libérale en 2027 qui sera une année charnière », a-t-il annoncé. L’Algérie a tracé son chemin et rien ne semble capable de l’arrêter. Pas même les perturbations du commerce extérieur dont se plaignaient certains opérateurs.
Importations : une économie de 20 milliards USD
« Nous étions une économie sous-développée basée sur le tout importations, aujourd’hui nous sommes la troisième économie en Afrique », s’est félicité le Président, projetant l’Algérie émergente d’ici l’année prochaine avec l’ambition d’atteindre un PIB à 400 milliards de dollars. En effet, l’Algérie continue à nourrir l’objectif de passer de pays qui importe tout à pays exportateur en dehors des hydrocarbures. Le Président a révélé à ce titre une remarquable réduction structurelle des importations qui sont passées de 62 milliards de dollars à 42 milliards de dollars aujourd’hui. Une tendance qui traduit l’émergence du produit national qui se substitue de plus en plus aux importations. À titre d’exemple, l’Algérie n’importe plus d’essence depuis 2023 tout en tablant sur la même autosuffisance concernant le gasoil. Il y a aussi l’industrie pharmaceutique nationale qui tourne à plein régime pour atteindre une couverture des besoins à hauteur de 80 %. « Un bon qualitatif réalisé en seulement cinq ans qui n’est pas à la portée de tous les pays », a souligné le Président, exhortant les opérateurs économiques à maintenir la barre très haut concernant l’objectif d’exporter pour 30 milliards de dollars hors hydrocarbures à l’horizon 2030. En réponse, par ailleurs, aux voix alarmistes qui évoquent, non sans mauvaise foi, une fonte des réserves de change, Tebboune a martelé que l’Algérie ne cède pas au chantage et que ce qui est important, c’est de réduire les importations et d’augmenter les exportations.
Le Président a, en outre, parlé des secteurs à forte valeur ajoutée et qui sont susceptibles d’améliorer les indicateurs de l’économie nationale comme le secteur industriel qui contribue aujourd’hui avec un taux de 10 % au PIB. Ceci grâce à la relance de l’outil de production à travers la remise en service des entreprises récupérées par l’État, ainsi qu’à la mise en service d’entreprises nouvelles. « Après la désertification industrielle, l’industrialisation marche au galop aujourd’hui », a-t-il dit à ce sujet. L’agriculture aussi est un secteur performant qui mérite d’être souligné grâce à une contribution de 15 % au PIB.
Le Guichet unique opérationnel à partir de janvier prochain
À propos de l’investissement dans le cadre de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le président de la République a avancé le chiffre arrêté de 13 000 projets concrets (projets créant à hauteur de 20 postes d’emploi). Il a évoqué à ce titre le projet de Guichet unique qui s’apparente à une véritable révolution dans la gouvernance des investissements en Algérie. « C’est une expérience unique dans le monde », a souligné le Président, expliquant que ce dispositif facilitera le traitement des demandes d’investissement d’une façon remarquable. Il a, en outre, annoncé que la mise en service du Guichet unique est prévue dès le 1er janvier 2027, notamment avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de finances. Il a également annoncé la reconduction de l’actuel directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, à la tête du Guichet unique. Par ailleurs, et concernant le marché national en produits agricoles et frais qui est en proie à une spéculation récurrente derrière une augmentation inexpliquée des prix, le chef de l’État semble trouver la panacée pour réguler le marché. Notamment, la création d’une entité (entreprise) publique qui s’occupera du rachat, auprès du producteur (agriculteur), de l’excédent de production pour disposer d’une marge de manœuvre à l’effet de réguler le marché en cas de nécessité.
Farid Guellil

