« Un échec de la politique migratoire menée par l’Union européenne (UE) depuis de nombreuses années, non seulement en matière de régulation des migrations (ou de son absence), mais aussi quant à la manière dont l’UE se positionne dans le monde et aux politiques qu’elle mène envers les pays qu’elle considère comme partenaires ».
C’est en ces termes que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a réagi, ce vendredi, à ce qu’il a qualifié de « catastrophe humanitaire » à propos de l’entrée à l’enclave espagnole de Ceuta d’environ 60 000 marocains fuyant leur pays en contournant les contrôles frontaliers, un épisode qui s’est soldé par 67 décès, certains se sont noyés en tentant de traverser, d’autres ont péri dans la bousculade ou en essayant d’escalader la barrière rocheuse et la clôture séparant le Maroc et Ceuta. « Nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que cela représente l’effondrement de la politique migratoire que l’Union européenne a suivie pendant de nombreuses années ». La gravité de la situation a amené l’UE à convoquer vidéoconférence extraordinaire qui se tiendra mardi. Les observateurs ont noté que la vague de migration irrégulière ne s’est pas limitée à Ceuta, mais elle a atteint la ville de Melilla qui a connu également d’importantes tentatives de franchissement depuis le Maroc, poussant les autorités espagnoles à renforcer leur dispositif de sécurité et à durcir les mesures de contrôle le long du périmètre des deux enclaves espagnoles, en prévision de la poursuite de l’afflux de migrants. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait affirmé vendredi depuis l’enclave espagnole de Ceuta que l’afflux massif de migrants irréguliers en provenance du Maroc au cours des dernières 24 heures représente une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne », tout en soulignant que le gouvernement de son pays prendra toutes les mesures nécessaires pour reprendre le contrôle de la situation et garantir la sécurité des frontières. Pedro Sanchez a imputé la responsabilité de la vague d’immigration irrégulière aux réseaux de traite des êtres humains, estimant qu’ils ont exploité la situation actuelle pour pousser des milliers de migrants à tenter de traverser vers l’enclave espagnole. Des médias internationaux soutiennent que la responsabilité incombe au Makhzen qui utilise la carte de la migration illégale pour faire pression sur l’Espagne. Selon eux, les autorités marocaines ont activement encouragé des milliers de personnes à franchir la frontière vers la ville espagnole de Ceuta. Ils rappellent que le Maroc a déjà utilisé auparavant les migrants comme moyen de pression pour obtenir des concessions de Madrid et citent le cas des 8000 migrants illégaux entrés à Ceuta en mai 2021, suite à un différend diplomatique entre Rabat et Madrid. Des jeunes marocains interrogés ce vendredi ont affirmé que les autorités marocaines ont ouvert la frontière de leur côté pour laisser tout le monde passer. Les migrants ont même été encouragés par la police marocaine à traverser la frontière marocaine. Les autorités espagnoles qui ont annoncé avoir renvoyé les migrants illégaux craignent qu’une nouvelle vague ne tente de passer la frontière. Elles ont commencé samedi l’installation d’une barrière flottante au large de Ceuta, après le retour au calme et l’arrêt des tentatives de passage massifs dans la nuit, Le drame de Ceuta révèle l’aggravation de la situation sociale de la grande masse des Marocains poussés vers la pauvreté par le Makhzen qui se préoccupe uniquement de défendre les intérêts des puissances occidentales dans la région dans le cadre de partenariats stratégiques avec ces pays. En retour, des pays membres de l’UE, dont la France, ferment les yeux sur la misère qui marque la situation sociale du peuple marocain, et qui pousse une grande partie d’entre eux à fuir par milliers. Au contraire, ces pays occidentaux ne cessent de flatter le Maroc pour ses prétendues réussites. Pour rappel, le Maroc a normalisé ses relations avec l’entité sioniste dont il est devenu l’instrument tout comme il est l’instrument des manœuvres des Émirats dans la région.
M’hamed Rebah














































