Les opérations militaires sionistes se sont poursuivies au cours des dernières heures dans plusieurs secteurs de la bande de Ghaza, faisant de nouvelles victimes, tandis que les organisations de défense des droits humains alertent sur une aggravation sans précédent de la crise sanitaire, notamment pour les patients souffrant d’insuffisance rénale.
Selon des sources locales, un Palestinien, Hudaifa Hussein Al-Hawajri, a été tué dans la nuit à la suite d’une frappe israélienne ayant visé les abords du rond-point Abou Charkh, à l’ouest du camp de Jabalia, dans le nord de l’enclave. Plusieurs autres personnes ont été blessées lors d’un bombardement visant le quartier d’Al-Zeitoun, à l’est de la ville de Ghaza. Dans le sud du territoire, les forces israéliennes ont procédé à la destruction de bâtiments au nord de Rafah, tandis que des tirs d’artillerie ont visé le nord-ouest de la ville. Les zones orientales d’Al-Qarara, à l’est de Khan Younès, ont également été la cible de bombardements, accompagnés de tirs nourris et de fusées éclairantes. La veille, le Palestinien Mohammed Najib Achour avait été tué et plusieurs autres personnes blessées dans une frappe menée par un drone israélien contre un groupe de civils près du carrefour d’Asqoula, dans le quartier d’Al-Zeitoun. Deux autres corps ont par ailleurs été retrouvés dans la région d’Al-Shayma, au nord de Beit Lahia, à la suite d’une attaque survenue quelques jours auparavant. Selon des sources palestiniennes, les opérations de démolition menées par l’armée israélienne se poursuivent également dans les secteurs est et nord-est de Khan Younès, où des avions de combat ont été observés volant à basse altitude.
Un bilan humain toujours plus lourd
Les autorités sanitaires de Ghaza affirment que les violations du cessez-le-feu se poursuivent à travers des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie, des destructions d’infrastructures et des restrictions persistantes sur l’acheminement des marchandises, de l’aide humanitaire et des déplacements. D’après les derniers chiffres communiqués par le ministère palestinien de la Santé, 1 070 personnes ont été tuées et 3 445 blessées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, auxquels s’ajoutent 797 corps extraits des décombres. Depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023, le bilan global s’élève désormais à 73 094 morts et 173 553 blessés, selon les mêmes sources.
Pénurie des traitements vitaux
Parallèlement à la poursuite des opérations militaires, le Centre palestinien pour les droits de l’homme a lancé une alerte sur la situation de près de 650 patients atteints d’insuffisance rénale, dont la vie serait menacée par la rupture des stocks de bicarbonate de sodium, un composant indispensable aux séances de dialyse. L’organisation indique que les hôpitaux ont été contraints de réduire la durée et la fréquence des séances de dialyse, exposant les patients à de graves complications pouvant entraîner leur décès. La diminution des traitements favorise notamment l’accumulation de toxines et de liquides dans l’organisme, une augmentation de l’acidité sanguine, des difficultés respiratoires ainsi qu’une dégradation rapide de l’état de santé. Le centre estime que cette pénurie s’inscrit dans un contexte plus large d’effondrement du système de santé, marqué par les destructions d’infrastructures, les pénuries de médicaments, de carburant et d’équipements médicaux.
Un système de santé proche de l’effondrement
Selon les données communiquées par l’organisation, 18 des 36 hôpitaux de la bande de Ghaza restent hors service, tout comme 82 des 145 centres de soins primaires et 194 des 360 points médicaux. Le chef du service de néphrologie et de transplantation rénale du complexe médical Al-Shifa, le Dr Ghazi Al-Yazji, a indiqué que la pénurie de bicarbonate de sodium a déjà entraîné l’arrêt de 25 des 51 appareils de dialyse de l’établissement. Les équipes médicales ont ainsi été contraintes de réduire les séances de quatre à trois heures et de limiter les traitements à deux séances hebdomadaires au lieu de trois. Le médecin souligne également que les coupures répétées d’électricité, le manque de carburant pour alimenter les générateurs et l’usure des équipements, dont la plupart ont largement dépassé leur durée de vie recommandée, aggravent considérablement la prise en charge des malades.
Appel à une intervention internationale
Le Centre palestinien pour les droits de l’homme appelle la communauté internationale, les Nations unies, l’Organisation mondiale de la santé et le Comité international de la Croix-Rouge à intervenir d’urgence afin d’obtenir la levée des restrictions sur l’entrée des médicaments et du matériel médical dans la bande de Ghaza. L’organisation demande également l’autorisation d’évacuer les patients nécessitant des soins indisponibles dans l’enclave vers les hôpitaux de Cisjordanie occupée, y compris à El-qods, ou vers l’étranger, tout en garantissant leur droit au retour. Elle réclame enfin un approvisionnement régulier en carburant et en fournitures médicales, notamment en bicarbonate de sodium, afin d’assurer la continuité des traitements de dialyse et de prévenir une nouvelle aggravation de la crise humanitaire.
M. Seghilani













































