L’aide alimentaire humanitaire actuelle ne touche que 450 000 personnes, laissant un pourcentage stupéfiant de 76 % des personnes en phase 4 de l’IPC sans soutien jusqu’en août.
La crise alimentaire et nutritionnelle en Somalie s’accentue plus rapidement que prévu en raison de l’absence de pluies, des coupes budgétaires et des répercussions des conflits, a averti dimanche le Programme alimentaire mondial (PAM). Dans son dernier bulletin d’information sur la situation en matière de sécurité alimentaire, le PAM a averti que la faim au niveau d’urgence (phase 4 de l’IPC) touche désormais deux millions de personnes, soit une forte augmentation de 100 % par rapport au chiffre de l’année dernière, ce qui indique une détérioration significative de l’insécurité alimentaire. Il a averti que l’aide alimentaire humanitaire actuelle ne touche que 450 000 personnes, laissant un pourcentage stupéfiant de 76 % des personnes en phase 4 de l’IPC sans soutien jusqu’en août. « Ce déficit aura de graves conséquences pour les populations les plus vulnérables. Un financement urgent est nécessaire pour accroître l’aide et prévenir toute nouvelle détérioration », a déclaré l’agence onusienne. Selon le PAM, la Somalie reste en proie à l’une des crises de malnutrition les plus graves au monde, avec 1,9 million d’enfants souffrant de malnutrition aiguë. L’organisation a déclaré que le début de la saison sèche de Hagaa, caractérisée par de faibles précipitations dans le centre de la Somalie et certaines parties du Puntland, menace une population dont le rétablissement après les sécheresses précédentes reste extrêmement fragile. Une étude récente du PAM souligne que près de 60 % des ménages sont désormais incapables de satisfaire leurs besoins essentiels, contre 47 % en 2025, ce qui expose jusqu’à 2,5 millions de personnes supplémentaires au risque de ne plus pouvoir se procurer un panier alimentaire de base. « Un financement urgent et flexible est nécessaire pour maintenir l’aide, stabiliser les populations à risque et prévenir une nouvelle détérioration de la sécurité alimentaire et de la malnutrition », selon la même source.
En mars 2026 déjà, le PAM avait estimé que 45 millions de personnes pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë si le conflit se poursuivait et si les prix du pétrole restaient autour de 100 dollars le baril jusqu’à la fin juin. Ce scénario est désormais en train de se concrétiser.
R. I.











































