Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a vivement condamné la poursuite et l’accélération de la colonisation sioniste en Cisjordanie occupée, estimant que cette politique renforce l’occupation, compromet le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et met en péril la perspective d’une solution à deux États.
Dans un rapport présenté aux Nations unies, Antonio Guterres avertit que l’expansion des colonies, y compris la multiplication des avant-postes sionistes, s’accompagne d’une recrudescence des violences commises par des colons et de restrictions croissantes empêchant les Palestiniens d’accéder à leurs terres. Selon lui, ces pratiques alimentent les tensions, consolident une occupation jugée illégale au regard du droit international et menacent la création d’un État palestinien indépendant, souverain et territorialement viable. Le chef de l’ONU a également exprimé sa profonde inquiétude face au projet de colonisation « E1 », qu’il qualifie de « menace existentielle » pour la solution à deux États. Ce projet, situé à l’est de Jérusalem, prévoit la construction de 3 412 nouveaux logements destinés aux colons israéliens et aurait pour conséquence de couper la Cisjordanie en deux, séparant son nord de son sud. La zone concernée, d’une superficie de 12 km², est rattachée à la sphère municipale de la colonie de Ma’ale Adoumim. En mars dernier, le cabinet de sécurité israélien a approuvé la construction d’une route destinée aux Palestiniens au sud de cette zone afin de faciliter la mise en œuvre du projet et de préparer l’intégration future de Ma’ale Adoumim.
Une crise de déplacement sans précédent depuis 1967
Le rapport de l’ONU souligne que les violences des colons, les démolitions de logements, les restrictions de circulation et les opérations militaires prolongées ont entraîné la plus grave crise de déplacement de Palestiniens en Cisjordanie depuis le début de l’occupation israélienne en 1967. Antonio Guterres s’est déclaré particulièrement préoccupé par le déplacement forcé de communautés entières, notamment des populations bédouines, certaines ayant été contraintes de quitter leurs terres à plusieurs reprises. Le rapport affirme également que les attaques de colons se produisent fréquemment à proximité des forces de sécurité israéliennes, avec leur soutien ou leur protection, tandis que les auteurs de ces violences sont rarement poursuivis.
Cinq pays européens réclament l’arrêt de la colonisation
À la veille d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, la France, le Royaume-Uni, la Grèce, la Lettonie et le Danemark ont publié une déclaration commune exprimant leur vive préoccupation face à la détérioration de la situation en Cisjordanie. Les cinq pays ont condamné la poursuite des activités de colonisation israéliennes et appelé le gouvernement israélien à mettre un terme à l’expansion des colonies, tout en exigeant que les colons impliqués dans des actes de violence rendent compte de leurs actes.
Le projet de colonies relancé dans le nord de Ghaza
Parallèlement, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite israélienne, a annoncé que les préparatifs étaient achevés pour l’établissement de trois nouvelles colonies dans le nord de la bande de Ghaza, précisant que leur lancement dépend désormais de l’approbation du Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahou. En visite dans la colonie de Sdérot, Smotrich a déclaré que « Israël est prêt à construire immédiatement trois localités dans le nord de Ghaza » et a appelé le chef du gouvernement à donner son feu vert au projet. Cette annonce intervient dans un contexte de compétition électorale en Israël, où le dirigeant du parti « Sionisme religieux » cherche à consolider son électorat nationaliste et favorable à la colonisation. Dans une déclaration vidéo, Smotrich a affirmé que l’armée israélienne contrôlait actuellement près de 70 % du territoire de la bande de Ghaza. Il a appelé à prendre le contrôle des 30 % restants, à poursuivre l’offensive contre le Hamas et à établir une ceinture de colonies juives le long des zones frontalières de l’enclave, qu’il a qualifiées de « localités de protection», estimant que « là où il n’y a pas de colonies, il n’y a pas de sécurité ». Depuis le début de la guerre dans la bande de Ghaza, Bezalel Smotrich a, à plusieurs reprises, plaidé pour le rétablissement de colonies israéliennes dans l’enclave palestinienne. Celles-ci avaient été démantelées en 2005 dans le cadre du plan de « désengagement » mis en œuvre par l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, qui avait conduit à l’évacuation de toutes les colonies de Ghaza ainsi que de cinq colonies situées dans le nord de la Cisjordanie occupée.
M. Seghilani










































