Précédemment, nos élections étaient « farcies » de…billets de banques. On payait pour être inscrit en tête de liste. On payait pour attirer les signataires du formulaire de parrainage. On payait pour orienter le choix du votant. On payait des méchouis pour avoir les voix du plus grand nombre des festoyeurs. Toutes ces « largesses » se payaient cash. Sans trace. Ni vu, ni connu. Ou du moins difficile à prouver. Comme il s’agissait de fortes sommes, l’utilisation de sacs, pour transporter l’argent, s’imposait. Un sac qui est traduit chez nous par la « chkara ». Sauf que ce moyen a transporté tellement d’« argent sale » pour financer les transactions délictuelles que le mot « chkara » est, depuis, utilisé quasiment dans le sens péjoratif. Pour mettre fin à ces dérives qui gangrènent le tissu social, L’État a renforcé, précisé et modifié l’arsenal juridique pour toutes les grandes opérations financières qui ont lieu entre individus et celle qui a trait, aujourd’hui, au financement électoral. Les nouvelles dispositions réglementaires semblent avoir produit l’effet salvateur attendu. En gros, « le candidat doit désigner un trésorier chargé de gérer financièrement et matériellement » sa campagne électorale. L’autre obligation est l’ouverture d’un compte bancaire unique par où doivent transiter exclusivement tous les fonds (recettes et dépenses). Troisième obligation : « les ressources financières des candidats, ne peuvent provenir que des contributions des partis politiques, des apports personnels et des dons ». S’agissant des dons provenant de notre diaspora, ceux-ci ne sont pas considérés comme un financement étranger. Avec cette précision que les dons sont plafonnés à 40 millions de nos centimes. Tandis que le total des dépenses d’un candidat ne doit pas dépasser 250 millions de nos centimes. Il y a lieu de rappeler que pour l’élection du 2 juillet prochain, une commission de contrôle du financement de la campagne électorale a été installée au sein de l’autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le 24 mai dernier. L’article 288 de l’ordonnance 21-01 du 10 mars 2021 prévoit que : « Nonobstant les dispositions de la loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption et les dispositions du code pénal, est punie d’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 40.000 DA à 200.000 DA, toute personne ayant financé ou bénéficié d’un financement en violation des dispositions de la présente loi organique ». Dimanche dernier, dans un communiqué, l’ANIE a rappelé aux candidats « que le trésorier de campagne électorale est tenu de délivrer une copie du reçu au donateur et transmettre immédiatement une copie dudit reçu à la commission de contrôle du financement de la campagne électorale » conformément à l’article 5 du décret exécutif 21-188 du 5 mai 2021. Les dons étant la partie la plus sensible de l’ensemble du financement de la campagne électorale. Aujourd’hui, l’usage de l’argent en politique est strictement encadré. L’ère du tripatouillage est révolue ! Ci-git la « Chkara » !
Zouhir Mebarki









































