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SUD LIBAN : Un scénario déjà vu à Ghaza

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Le paysage sécuritaire dans le sud du Liban s’oriente, selon plusieurs analyses et données de terrain, vers une possible reproduction du modèle observé dans la bande de Ghaza.
Les opérations militaires sionistes s’y combinent à des dynamiques politiques parallèles, dans une tentative de créer de nouveaux faits accomplis sur le terrain sous couvert de négociations. Cette évolution traduirait un changement dans la doctrine militaire israélienne, visant à généraliser le concept de “zone tampon” imposée par la force. Dans ce contexte, l’armée sioniste poursuit ses frappes aériennes sur plusieurs localités du sud du Liban, tout en renforçant sa présence au sol à travers l’installation de nouveaux points militaires le long de la frontière. En parallèle, la résistance libanaise intensifie ses tirs de roquettes et ses opérations de drones en direction des colonies situées dans les territoires palestiniens occupés. Des frappes sionistes ont ciblé deux véhicules dans les localités de Saâdyat et Jyeh, situées sur le littoral à environ 20 kilomètres au sud de Beyrouth. Les attaques ont touché l’autoroute côtière reliant la capitale au sud du pays. Les bombardements se sont également étendus à plusieurs villages, notamment dans le caza de Tyr, ainsi qu’à des localités comme Borj Qalaouyeh, Ghandouryeh, Hanine, Mahmoudyeh, Zibqin et Yater, dans une série de frappes simultanées touchant plusieurs régions. Selon le ministère libanais de la Santé, le bilan des victimes a atteint 2 089 morts depuis la reprise des hostilités le 2 mars. De son côté, la résistance libanaise poursuit ses opérations quotidiennes, combinant tirs de roquettes, attaques de drones contre les rassemblements des forces israéliennes au sud du Liban, et affrontements directs sur plusieurs axes, notamment autour de Bint Jbeïl.

Un remake de Ghaza
Sur le plan militaire et politique, plusieurs sources médiatiques et rapports de terrain indiquent que l’armée israélienne applique au Liban-Sud une stratégie similaire à celle utilisée dans la bande de Ghaza : destruction d’habitations, évacuation de zones frontalières et création d’une nouvelle réalité sécuritaire. Le journal sioniste Haaretz rapporte, sur la base de sources militaires, que l’armée renforce sa présence au sud du Liban et établit des positions permanentes, dans le cadre d’un plan visant à instaurer de facto une “ceinture de sécurité”, malgré les démentis officiels. Des témoignages de soldats indiquent que les unités du génie militaire utilisent des bulldozers pour démolir des villages proches de la frontière, afin de créer une zone tampon. Certaines unités ayant participé aux destructions à Ghaza auraient été redéployées sur le front libanais. Des responsables militaires reconnaissent toutefois des différences importantes entre les deux terrains, la complexité géographique du sud du Liban — collines et villages denses — offrant un avantage tactique au Hezbollah par rapport au terrain plus ouvert de Ghaza.

“Négociations sous le feu”
Parallèlement à l’escalade militaire, les États-Unis ont annoncé un accord entre le Liban et Israël pour l’ouverture de négociations directes, à la suite de discussions trilatérales à Washington. Il s’agirait des premiers contacts de ce niveau depuis 1993. Le Département d’État américain évoque des discussions sur les étapes nécessaires à l’ouverture d’un processus de négociation, pouvant inclure des arrangements sécuritaires et politiques ainsi que la reconstruction du Liban. Washington affirme également soutenir les efforts du gouvernement libanais visant à renforcer le monopole de l’État sur les armes et à réduire l’influence régionale de l’Iran. Cependant, sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent à un rythme soutenu, alimentant l’idée que les négociations avancent sous la pression du fait accompli militaire.

Crise sanitaire et environnementale aggravée
Dans la bande de Ghaza, la situation humanitaire continue de se dégrader, marquée par une crise sanitaire liée à la prolifération de rongeurs dans les camps de déplacés. Des témoignages font état de conditions de vie extrêmement difficiles, où les habitants ne craignent plus seulement les bombardements, mais aussi les maladies et les morsures de rongeurs. Plusieurs cas médicaux ont été signalés, touchant enfants, personnes âgées et malades chroniques, avec des complications parfois graves. Les autorités sanitaires alertent sur une augmentation des infections et des risques d’amputation dans certains cas. L’Organisation mondiale de la santé met en garde contre une possible propagation régionale des maladies en raison de la dégradation environnementale. Les causes principales identifiées sont l’accumulation massive de déchets, les eaux usées et la destruction des infrastructures. La municipalité de Ghaza estime que plus de 350 000 tonnes de déchets s’accumulent, dans un contexte de pénurie de carburant et de blocage de l’aide matérielle.

Un système de santé sous pression
Le secteur de la santé à Ghaza fonctionne dans des conditions critiques, avec des pénuries importantes de médicaments et de matériel médical. Les hôpitaux font face à une augmentation des cas liés aux morsures de rongeurs, susceptibles de provoquer des infections sévères. Les autorités sanitaires avertissent d’un risque d’effondrement du système de santé si les restrictions sur l’aide humanitaire et les équipements médicaux persistent. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre 2025, les autorités locales font état de centaines de violations et d’un bilan humain toujours en hausse. Le nombre de victimes continue d’augmenter, tandis que les infrastructures civiles restent largement détruites. Entre l’escalade militaire au Liban-Sud et la crise humanitaire à Ghaza, la région semble s’enfoncer dans une dynamique où les logiques de guerre et de négociation s’entremêlent. L’hypothèse d’une reproduction du modèle de contrôle territorial par la force soulève de profondes interrogations sur l’avenir de la stabilité régionale et sur la possibilité d’un véritable processus de paix.

Un bilan humain qui continue de s’alourdir
Dans la bande de Ghaza, les chiffres publiés par les autorités sanitaires dressent un tableau d’une violence persistante, malgré les annonces officielles de cessez-le-feu. Selon les dernières données du ministère de la Santé, 757 personnes ont été tuées depuis octobre dernier dans le cadre de cette période censée être marquée par une désescalade des hostilités. Durant la même période, 2 111 personnes ont été blessées, tandis que 760 opérations d’extraction de victimes ensevelies sous les décombres ont été recensées. Ces éléments sont présentés par les autorités locales comme la preuve de la continuité d’attaques touchant les zones civiles, dans un contexte de destruction massive des infrastructures. Sur le plan global, le bilan depuis le 7 octobre 2023, atteint des niveaux particulièrement élevés. Les autorités sanitaires font état de 72 336 personnes tuées et 172 213 blessés, illustrant l’ampleur d’une crise humanitaire et sanitaire sans précédent dans l’enclave palestinienne. Dans un communiqué distinct, le bureau médiatique gouvernemental à Ghaza affirme, par ailleurs, que 2 400 violations de l’accord de cessez-le-feu auraient été enregistrées entre le 10 octobre 2025 et le 14 avril 2026. Ces chiffres viennent alimenter les accusations récurrentes de non-respect des engagements de désescalade. Dans un territoire déjà confronté à l’effondrement de ses services essentiels, ces nouvelles données renforcent l’inquiétude des organisations humanitaires, alors que la situation sur le terrain reste marquée par une forte instabilité et une détérioration continue des conditions de vie.
M. Seghilani

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