couscous à base de glands

Yennayer à l’Ouarsenis : Le couscous à base de glands garnit les tables familiales

Les familles de la région de l’Ouarsenis, notamment, veillent à présenter un plat de couscous à base de glands, pour égayer la table de Yennayer Faisant partie des us et traditions bien ancrés dans la région, le couscous à base de glands est préparé spécialement à l’occasion de Yennayer par des familles des zones rurales les plus reculées de la région de l’Ouarsenis, à l’instar de « Matija », « El Mactâa », dans la commune de Bordj Bounâama et « Beni Boudjemaa », « H’tayel » à Boukaïd et « Kedadra », localité rattachée à Sidi Slimane.

à ce propos, Hadja Kheïra, une septuagénaire de la région de « Beni Boudjemâa » a expliqué à l’APS, que le couscous à base de glands fait partie des plats auxquels se sont habituées les populations de la région, perpétuant ses modes de préparation et de cuisson depuis des générations. « Ceci se répète chaque année à l’avènement de la nouvelle année Amazigh », explique-t-elle encore. Hadja Kheïra considère que ce plat traditionnel se veut un repas complet, voire bénéfique pour la santé comme transmis par nos aïeux » Elle précise également que la veille de la célébration de Yennayer, les membres de la famille se réunissent autour d’un grand plat en bois, « Gassâat lakhcheb », pour savourer un couscous à base de glands, garni d’œufs durs, de grains de grenade et parfois de raisins secs. Le plat est considéré comme un bon présage (El Fel), pour une année agricole nouvelle mais aussi des récoltes fructueuses. « Les familles ne se limitent pas à partager entre leurs membres ce plat traditionnel. Dans un élan de générosité et dans un esprit de partage et de solidarité, une partie de cette offrande est ainsi distribuée aux pauvres. C’est un acte de communion et de partage qui renseigne sur la générosité et l’entraide des populations de la région », précise la vieille.

Les glands, un produit vedette sur les marchés
Avant la célébration de Yennayer, les marchés de plusieurs villes de la région de l’Ouarsenis, dont Bordj Bounâama et Boukaïd, connaissent une forte demande pour le fruit du gland, ingrédient de base pour préparer l’incontournable couscous, tant prisé par tous. Les quartiers populaires et les souks des deux agglomérations rurales de Tissemsilt sont envahis par des marchands occasionnels proposant ce fruit très demandé. Mohamed, un marchand de glands dans la ville de Boukaïd précise que « ce commerce connait une certaine prospérité à l’occasion de la fête de Yennayer mais aussi durant la période hivernale, durant les mois de janvier et février ». « Les familles de la région ne s’approvisionnent pas seulement au niveau des marchés locaux mais vont jusqu’aux localités des wilayas voisines comme Aïn Defla, Chlef et Tiaret, pour acquérir ce produit, compte tenu de sa large disponibilité et de ses diverses variétés », explique-t-il. Mohamed ajoute que « les vendeurs de glands sont contraints de se déplacer vers les régions forestières où les chênes dominent les zones boisées, à l’instar des localités de « Aïn Anter » et «  »Beni Boudjemaa ». Le gland est cueilli à la main ou ramassé, s’il est tombé au sol », a-t-il ajouté. « Les glands sont proposés à un prix raisonnable en temps ordinaires mais la mercuriale s’emballe à l’approche de Yennayer, compte tenu de la forte demande », précise Mohamed. Malgré la large disponibilité des glands sur les marchés locaux, certains citoyens des communes de la wilaya préfèrent se rendre aux forêts pour les cueillir eux mêmes au lieu de les acheter. La Conservation locale des forêts signale qu’un nombre appréciable de familles affluent vers les zones forestières de la wilaya, comme celle d’Aïn Antar, dans la commune de Boukaïd, qui dispose, en plus de cèdres de l’Atlas, un grand nombre d’arbres de gland vert. La Concervation a ainsi pris l’initiative de mettre des pancartes sur les lieux, invitant les citoyens à sauvegarder cette variété d’arbres durant la période des récoltes coïncidant avec les périodes des fêtes lors du mois de janvier.