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VENTE DE MASQUES ET PRODUITS HYDRO-ALCOOLIQUES : Les pharmaciens réclament le monopole

Les pharmaciens d’officines réclament que les masques et produits hydro-alcooliques « soient réservés exclusivement au secteur pharmaceutique », pour maintenir la « stabilité des prix » et garantir la « qualité » et la « lutte contre les spéculateurs ».

Dans un communiqué, rendu public sur sa page Facebook, le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAP, demande à ce que « les masques, alcools, produits hydro alcooliques soient réservés exclusivement au secteur pharmaceutique », seul moyen, selon ce syndicat, de «garantir  la lutte contre les spéculateurs et les intermédiaires, la régularité de la disponibilité, une stabilité des prix, et une garantie de qualité et de traçabilité ».
Et pour cause, défend-il comme argument, le SNAPO a mis donc le doigt sur les « fluctuations des prix » observées sur le marché. À ce sujet, le syndicat déplore « l’autorisation de la vente de ce genre de produits, en dehors du circuit pharmaceutique, qui pourrait « porter un sérieux coup à la crédibilité des opérateurs du secteur pharmaceutique, mais aussi va encourager l’expansion de l’informel et le risque sanitaire du fait de l’absence du conseil et de la garantie de des dispositifs et produits vendus». Soulignant que ces autorisations sont « des insultes à notre système de santé mais aussi à nos concitoyens ».
Le communiqué signé par le président du SNAPO, Belambri Messaoud, a été publié juste après l’annonce de l’initiative de l’ANCA de fabriquer des masques au niveau de toutes les wilayas afin de les commercialiser à 30 DA l’unité faut-il le noter. Sur ce, le syndicat affirme ainsi que les « fluctuations des prix sur le marché sont dues à l’intervention de plusieurs intermédiaires et spéculateurs dans le secteur de la distribution du gros, la diversité des procédés et techniques de fabrication et la qualité des tissus utilisés pour leur confection ». Ajoutant qu’une officine est soumise à des conditions de « qualité, de responsabilité pharmaceutique, au respect des procédures commerciales et des conditions de traçabilité et à l’application des taxes (TVA et TAP) qui sont reversées au Trésor public ».
La même source conclut par dire que « vouloir faire abstraction aujourd’hui du rôle des officines pharmaceutiques dans la lutte contre le coronavirus est un pas dangereux dans la destruction de l’échelle des valeurs et rôles professionnels, mais aussi une porte ouverte vers l’exercice illégale des professions médicales ».

La réponse sèche de l’ANCA
Contacté, hier, à ce sujet, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) Tahar Boulanouar, a fait savoir que la vente exclusive des produits de protection contre le coronavirus tels les masques uniquement chez les pharmacies a créé une situation de « monopole ». Contrairement à ce que le SNAPO pense, Boulanouar a affirmé que la disponibilité de ces produits dans les officines pharmaceutiques a créé « la spéculation ». « Les prix des bavettes et des masques sont passé de 25 à 70 DA en un mois », dit-il. « Notre initiative n’encourage pas l’informel, parce que les ateliers de confection ont tous des registres du commerce, ils activent d’une manière légale, tout en respectant les normes, les critères et la qualité du tissu », rassure-t-il comme pour répondre au SNAPO. Boulanouar a indiqué également que ces ateliers travaillent avec « les directions de santé, les associations et les centres de formation professionnelle ». Et de conclure que la pénurie des produits chez les pharmacies a poussé son association à faire cette initiative, ou les masques produits seront vendus très bientôt dans les points de commerce légaux tels les superettes et les ateliers.
Pour rappel l’ANCA a, dans un communiqué rendu public la semaine passée, annoncé le lancement d’une initiative de commercialisation des masques de protection à 30 DA l’unité affirmant que tous les citoyens pourront se rapprocher de ces ateliers pour acquérir directement des masques à un prix ne dépassant pas ce prix plafond. Cette initiative intervient quelques jours après l’entrée en vigueur de la mesure d’obligation du port du masque pour prévenir et lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus.
Sarah Oubraham