Migrants

VASTE MOUVEMENT DE CONDAMNATION DE L’ASSASSINAT DE SUBSAHARIENS DANS L’ENCLAVE DE MELILLA AU MAROC : Appels unanimes à une enquête indépendante

Les réactions condamnant le massacre de migrants, subsahariens,  par la police marocaine et la Guardia civile espagnole, devant la barrière de la honte séparant le Maroc de l’enclave de Ceuta et Melilla, continuent de fuser aussi bien du côté des ONG marocaines qu’espagnoles.

«Nous appelons à l’ouverture d’une enquête rapide et transparente », a déclaré aux médias, Mohamed Amine Abidar, le président de la section de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Nador, dans le nord du Maroc. Il faut rappeler dans ce cadre que des images diffusées notamment par l’AMDH, principale organisation marocaine de défense des droits humains, montrent un usage disproportionné de la force par la police marocaine. Les migrants arrêtés par cette dernière, ont été entassés par terre les uns sur les autres. Les images choquantes, ainsi que le nombre élevé de victimes, ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Le bilan officiel de cette tragédie est de 18 morts ont été enregistrés lors de la tentative d’entrée de près de 2.000 migrants dans l’enclave espagnole de Melilla. Toutefois des sources locales parlent d’au moins 27 morts, dont les cadavres sont gardés au niveau de l’hôpital de Nador  et une soixantaine de blessés. D’ailleurs, dans une tentative de maintenir le blackout sur cette affaire, les autorités marocaines ont empêché des ONG de se rendre au chevet des blessés ou de tenter d’établir un bilan selon des témoignages de survivants.  Abidar qui s’est refusé de chiffrer le nombre de morts,  pense que le bilan va s’alourdir, ajoutant que « la cause principale de cette catastrophe est la politique migratoire menée par l’Union européenne en coopération avec le Maroc ». Selon l’ONG Caminando Fronteras, spécialiste des migrations entre l’Afrique et l’Espagne, il s’élèverait à 27 morts. Cette ONG a exigé samedi dans un communiqué « l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante du côté marocain comme espagnol, ainsi qu’au niveau international pour faire toute la lumière sur ce drame humain ». La députée européenne du parti de gauche radicale Podemos, Idoia Villanueava, a également réagi en appelant à l’ouverture d’une enquête pour éclaircir les faits et les responsabilités. Tous les témoignages s’accordent à affirmer la responsabilité du Maroc et de l’Espagne dans le drame qui s’est déroulé à huis clos. En effet, plusieurs sources locales avaient affirmé que depuis mercredi des groupes de migrants subsahariens avaient afflué vers les abords de la barrière de séparation. La police marocaine avait laissé faire, au lieu de procéder à l’évacuation préventive des migrants arrivés par bus entier. Cela prouve qu’il y’a collusion entre les réseaux locaux de passeurs et la mafia qu’a tenté de dénoncer le Premier ministre espagnol en évoquant une attaque fomentée par ces réseaux. Or, il est établi depuis plusieurs années, que le Maroc a utilisé contre ses voisins aussi bien l’Espagne que l’Algérie, l’arme de la drogue et de l’émigration clandestine. Mais coincé par sa démarche qui a scandalisé la classe politique espagnole, il a préféré céder sur le principe de neutralité de l’Espagne pour se garantir que le Maroc va jouer au chien de garde des frontières des enclaves de Ceuta et Mellila. Cette certitude trouve toute son essence dans la déclaration d’Eduardo de Castro, le président (maire) de Melilla et plus haute autorité politique de cette ville autonome, a dénoncé une réponse disproportionnée du Maroc à la tentative de passage des migrants. Il affirmera également que, le Maroc se permet certaines choses qui ne seraient pas acceptables en Espagne. Le plus curieux dans ce drame est que le Maroc est supposé présider, depuis 2018,  l’Observatoire africain des migrations. Cet organe qui relève des structures est né après une proposition du roi M6, proposition qu’il avait exprimée lors du 30e sommet de l’UA en janvier 2018. Le commandeur des croyants a paralysé cet organe, tout comme il l’a fait avec le Comité d’El- Qods qu’il préside. Le massacre de migrants aux frontières entre l’Espagne et le Maroc ne doit pas rester impuni et la communauté internationale se doit de se mobiliser pour exiger le châtiment contre ceux qui ont pris des êtres humains pour des canards de stands de tir pour déverser toute leur haine, leur racisme et leur subordination aux ordres de criminels de la police marocaine et de la Guardia civile espagnole.
Slimane B.