Accueil LA CHRONIQUE DU JEUDI Un reporter dans la foule : «Nous sommes tous gendarmes ! »

Un reporter dans la foule : «Nous sommes tous gendarmes ! »

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Notre pays est si vaste qu’il est comparé à un continent. Ce qui, en soi, est une richesse. Dans le même temps, il nécessite d’importants moyens, proportionnels, dans tous les domaines. Prenons l’exemple de notre réseau routier.
Il est l’un des plus denses d’Afrique avec ses 141 000 Km auquel il faut ajouter plus de 1 300 Km de l’autoroute des Hauts-Plateaux en cours de réalisation ainsi que la route transsaharienne reliant Alger à Lagos, la capitale du Nigéria, qui, dans sa partie sur le territoire algérien représente 2.400 Km. Sans compter les tronçons de routes nationales, de routes de wilayas et autres routes secondaires en chantier. Sur ce réseau circulent plus de 7 millions de véhicules. Un chiffre en hausse constante avec la production automobile actuelle, les importations de véhicules de moins de trois années ainsi que l’injection de 10.000 autobus neufs importés sur décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour remplacer le parc vieillissant du transport public. Après ces actions de rajeunissement du parc, après les budgets conséquents octroyés pour l’entretien du réseau, le bilan des accidents de la route n’accuse aucune baisse significative. Pourquoi ? La seule cause qui manque à cette énumération est celle de l’élément humain. De l’avis des sources autorisées comme celles des assurances, de la Protection civile, de la Gendarmerie et de la police, c’est la première des causes. Un nouveau code de la route vient d’être adopté. Les premiers bus importés sur les instructions du chef de l’État, commencent à être distribués. Mais l’immensité de notre territoire et de notre réseau routier ne permettent pas de placer un gendarme derrière chaque véhicule sur la route. La vidéo-surveillance, très efficace en milieu urbain, ne peut couvrir le très long réseau qui s’étale hors des villes. Alors quelle solution ? Il y en a une et non des moindres, qui a fait son apparition avec le progrès de la science et des nouvelles technologies et qui est celle des vidéos que les citoyens diffusent sur les réseaux sociaux. Chaque accident de la circulation a lieu en présence de témoins. Ce sont des citoyens, en général eux-mêmes à bord de véhicules, qui prennent leur téléphone portable et filment en amont et quelques fois jusqu’au choc, l’accident avant de le mettre en ligne. La semaine qui s’achève a vu plusieurs auteurs de « conduite dangereuse » sur la route interpellés par les policiers et gendarmes grâce aux vidéos des citoyens diffusées sur les réseaux sociaux. Un comportement citoyen qui a tendance à se généraliser, entre deux villes, dans des « zones d’ombre » de notre vaste réseau routier loin du regard du gendarme et de la vidéo-surveillance. Des chauffards qui zigzaguent, qui font des queues de poisson, qui montent sur les trottoirs, etc. sont « happés » par les objectifs des passagers de véhicules roulant derrière eux, c’est la nouvelle arme citoyenne en termes de prévention. Un comportement spontané qui s’explique par le souci du citoyen qui s’empare de son smartphone de ne plus laisser passer ces fanfaronnades de chauffards au QI inférieur à celui d’un gamin en préscolaire. Pour prévenir des accidents pouvant s’abattre sur des innocents, quelques fois ce sont des familles entières, qui roulaient près des écervelés en question. Il suffit que ce geste salutaire soit adopté par l’ensemble des automobilistes et de leurs passagers pour que l’hécatombe disparaisse de nos routes. Certains parmi nos compatriotes confondent cette action préventive avec la délation. À ceux-là nous disons : « Réveillez-vous, nous ne sommes plus sous le joug de la colonisation à qui il ne fallait pas livrer nos compatriotes au bourreau ! ». L’ère de « Bouchkara », du mouchardage est révolue. Nous sommes indépendants. L’État est le nôtre. Nous reconstruisons ensemble notre pays. Porter à la connaissance de nos autorités des actes malveillants dans l’intérêt général est un acte de civisme voir même de patriotisme lorsqu’il s’agit d’actes de sabotages délibérés. Nous sommes chez nous, entre nous et celui qui veut nuire à notre quiétude doit être combattu par tous les moyens. C’est pourquoi, nous pouvons crier fièrement « nous sommes tous gendarmes ! » dans notre pays. Pour lutter contre le terrorisme routier qui fait chaque année plus de 4000 morts et plusieurs dizaines de milliers d’handicapés à vie. Et cela n’arrive pas qu’aux autres !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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