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UN DÉBAT TÉLÉVISÉ POUR CLORE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE : Le dernier quart d’heure avant le jour décisif 

Les Algériens sont appelés aux urnes dans une semaine pour désigner un nouveau président de la République. La campagne électorale va s’achever ce vendredi soir avec un grand et inédit débat télévisé entre les cinq candidats en lice. Lors d’une déclaration à la presse, le porte-parole de l’Autorité nationale des élections (ANIE), Ali Draâ, a précisé que ce débat télévisé «aura lieu au Centre international des conférences (CIC) Abdellatif Rahal, à 19h00, et durera entre deux heures et demi à trois heures». Ce débat sera diffusé en direct par les chaînes de la télévision publique, la radio nationale et toutes les chaînes de télévision privées agréées. Une campagne électorale qui s’achève avec toutefois un couac qui n’est pas des moindres : Aucun des cinq candidats n’a été de campagne à l’étranger pour le compte de la communauté nationale, alors que la diaspora nationale est appelée à voter trois jours plus tôt, soit le 9 décembre prochain.

Azzedine Mihoubi : «Je veux que vous alliez voter par millions»
Le candidat du RND à la présidentielle du 12 décembre, Azzedine Mihoubi, a choisi, hier, au 18e jour de la campagne électorale, la Coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf (Alger). Un lieu évité jusque-là par les autres candidats pour sa corrélation symbolique avec le lancement du 5ème mandat avorté de Bouteflika. Ainsi, Mihoubi s’est engagé, s’il serait élu président, à bâtir un véritable État d’Institutions et de compétences, soulignant que le changement auquel aspirent les Algériens ne saura se réaliser sans la volonté populaire. “Je veux que vous alliez voter par millions le 12 décembre pour montrer que l’Algérie est un pays souverain et libre dans ses décisions”. Le chef du RND a insisté sur les principes du 1er Novembre qui est, a-t-il expliqué, la référence de tous les Algériens, précisant que “nous n’avions pas de multiples références, ce qui veut dire que la proclamation du 1er Novembre est notre référence et source de fierté entre nous les Algériens”, a-t-il indiqué.
Ainsi renvoie-t-il aux piliers sur lesquels repose l’identité nationale, à savoir : «l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité, auxquels il est hors de question de renoncer». “L’Algérie est une et indivisible. De Tamanrasset à Tizi-Ouzou. Il n’existe nullement de Kabylie sans l’Algérie et l’Algérie ne saurait être sans la Kabylie. On est tous des Algériens et un seul drapeau nous unifie”, a-t-il plaidé.

Abdelaziz Belaïd : «L’Algérie souffre, car son peuple souffre»
Le candidat à la présidentielle et président du Front El-Moustakbal, Abdelaziz Belaïd, a estimé hier que l’Algérie traverse une phase très critique de son histoire, avec des conséquences sur sa stabilité et son unité. Depuis El-Tarf, où il était en meeting électoral, Belaïd considère le prochain scrutin présidentiel comme la solution «unique» à l’actuelle crise dans le pays, malgré le fait qu’une partie des Algériens le refuse. Il a ajouté que la tenue de cette élection permettra au pays de réaliser la stabilité politique et de surpasser le blocage économique et une relance de tous les secteurs. “L’Algérie souffre, car son peuple souffre. Aujourd’hui, une partie d’Algériens sont pour les élections, et une autre contre. Nous avons vécu pendant vingt ans dans la persécution et la dilapidation de fonds publics. Nous voulons en finir avec cette époque et entamer une nouvelle phase”, a-t-il lancé devant ses sympathisants. Aussi, Belaïd a insisté sur “l’équilibre régional” et “un partage équitable des richesses” pour réaliser le développement du pays. Belaïd a étalé ensuite les axes de son programme électoral : “Mon programme est fondé sur le principe de construire l’être humain. Le problème de notre pays n’est pas matériel, car notre pays recèle d’énormes richesses. L’économie c’est de savoir gérer et prendre la bonne décision. Dans mon programme, j’ai proposé des solutions», a promis le plus jeune candidat de l’élection du 12 décembre.

Ali Benflis : «Je n’ai de conflit avec personne»

Le candidat à la présidentielle, Ali Benflis, a affirmé hier, à partir de Relizane, qu’il n’a pas d’ennemis ou de conflit avec personne, promettant qu’il en restera ainsi dans l’avenir. “Je n’ai de conflit ou d’animosité avec personne que se soit de par le passé ou à présent. Si je suis ici, c’est que j’ai un programme d’urgence politique, sociale et économique qui nous aidera à sortir de la crise. C’est ce programme que je veux réaliser sur le terrain”, a-t-il souligné. “La corruption a gangrené l’État et l’a détruite totalement. Ce que nous voulions faire c’est de construire un nouvel État qui sera géré par des hommes intègres à travers des Institutions législatives qui contrôlent la gestion et la distribution de la richesse équitablement”, a-t-il ajouté. Benflis a défendu aussi sa personne : “J’ai assez de sympathisants. Ce qui nous réuni ce n’est pas le commerce ou la dilapidation des deniers publics, mais l’amour de la patrie. Ils me font confiance, car ils croient en ma capacité et mes solutions à faire sortir le pays de la crise. Ce ne sont pas de veines promesses, mais des engagements de réformes générales que se soit dans la politique, l’économie et la société”. Il a insisté également que son programme prévoit des réformes politiques profondes à l’instar d’un Parlement propre, des Assemblées élues, des médias libres et une Justice indépendante, pour permettre au peuple de choisir ses représentants en toute transparence.

Abdelkader Bengrina : «La 3issaba a voulu me parrainer pour devenir Président»

Dans un meeting populaire animé à Oran, le candidat et président de la formation islamiste, le Mouvement El-Binaa, Abdelkader Bengrina, a révélé hier qu’il avait été approché par de hauts responsables de la 3issaba (La bande) pour lui proposer un soutien dans sa campagne présidentielle. « Ils m’ont téléphoné pour me proposer un soutien (parrainage, ndlr) pour arriver au poste de président de la République. Mais je leur avais répondu : “Non”, car je ne vends rien et je n’achète rien », a-t-il indiqué. Bengrina ne s’arrêtera pas là, mais il jure par tous les saints que les responsables de la 3issaba l’ont contacté « plusieurs fois » jusqu’à ce que « j’ai négocié cette possibilité avec mes frères à la direction du parti ». Cependant, explique-t-il, «J’étais mal à l’aise à l’idée de s’allier avec la 3issaba et ses subordonnés».

Abdelmadjid Tebboune : «Je vais assainir le pays des résidus de la corruption»

Abdelmadjid Tebboune, le seul candidat indépendant dans la course électorale au palais d’El Mouradia, s’est engagé, avant-hier depuis la wilaya de Djelfa, d’«assainir le pays» de ce qu’il appelle «le résidus de la corruption». Autrement, s’il venait à être élu Président, il continuerait à «traduire devant la Justice la bande qui a pillé l’argent public», cite l’APS. Ainsi, lors d’un meeting populaire au théâtre régional de Djelfa, au 17e jour de la campagne électorale, il a déclaré : «Je m’engage devant Allah et le peuple, en cas de victoire, à assainir l’Algérie des résidus de la corruption et à poursuivre la traduction en justice de la bande qui a pillé l’argent du peuple». Allusion à son âge avancé, et du haut de ses 74 ans, Tebboune ne compte pas rester éternellement à la tête de l’État. C’est ce qu’il laisse entendre du moins en s’engageant à «passer le flambeau aux jeunes et à leur confier des postes de responsabilité dans les différents secteurs». Le prétendant à la magistrature suprême du pays a promis aussi, «la création d’une banque dédiée au soutien et à l’accompagnement des projets des jeunes et des start-up.» Au chapitre subvention de l’État, l’ancien Premier ministre s’est engagé à intensifier l’aide publique destinée aux couches vulnérables et défavorisées de la société algérienne.
Hamid Mecheri