Marche

UN 13E VENDREDI DE MOBILISATION POINTE DU NEZ : Le mouvement populaire ne faiblit pas

Voilà que le mouvement populaire et citoyen à travers le pays entame demain, son 13e vendredi consécutif de la mobilisation, depuis le 22 février dernier. Pour un deuxième vendredi en plein mois de Ramadhan, personnalités politiques et membres de la société civile l’annoncent plus mobilisateur. Surtout après la marche imposante des étudiants de mardi passé à travers le pays, et qui a laissé forte impression à Alger.

Ni le jeûne, ni la chaleur de ce mois ne pourront décourager les manifestants à sortir s’exprimer dans la rue de façon pacifique, pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État droit. Les Algériennes et Algériens, ayant affiché, voilà déjà 12 vendredis, et par une mobilisation populaire maintenue, depuis le 22 février dernier, sont déterminés à continuer à faire entendre leur voix, pour une Algérie meilleure, par le changement du système politique en place et l’édification d’un État de droit. Bien évidemment selon des acteurs politiques, le mouvement populaire est déterminé à poursuivre le chemin qu’il s’est tracé, depuis le 22 février dernier, et faire aboutir ses revendications et atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, soulignent les différents acteurs de la scène nationale. Les étudiants ont donné le La, mardi dernier, et créé encore une fois la surprise, en leur 12 vendredis de mobilisation, en étant en masse à leur manifestation, en organisant une marche jusqu’à l’Assemblée populaire nationale (APN) où il se sont rassemblés tout en exigeant le départ des 3B (Bensalah, Bedoui et Bouchareb) et en scandant «pas de vote le 4 juillet prochain». Ils se sont aussi rendus au siège du tribunal Abane Ramdane, pour dénoncer la corruption qui a gangréné le pays, et dont de lourdes affaires sont traitées par la justice, ces dernières semaines. Du coup on pourra lire et prévoir à partir de ces évènements que la marche de demain ne va pas manquer de mobilisation, surtout que le président d’État par intérim Abdelkader Bensalah tient toujours à maintenir les présidentielles pour le 4 juillet malgré le rejet total du peuple, lequel réclame son départ ainsi que celui de Noureddine Bedoui, le Premier ministre et Mouad Bouchareb président de l’APN et l’application des articles 07 et 08 de la Constitution, lesquels consacrent la légitimité et la souveraineté au peuple algérien.
Sarah Oubraham

RÉACTIONS…RÉACTIONS… RÉACTIONS
Melissa, étudiante à Polytech, veut une transition civile
Melissa, étudiante et membre du collectif des étudiants de l’École nationale polytème technique à Alger, estime que le 13 vendredi, demain, «sera encore plus mobilisateur que celui de la semaine dernière» prenant exemple sur la marche des étudiants de mardi passé qui était selon elle «grandiose» «mobilisatrice» et ce malgré, nous a-t-elle déclaré, hier, «le jeune et la chaleur».
Pour notre interlocutrice, contactée hier par téléphone, elle a tenu à souligner que «nous voulons une transition démocratique et en tant qu’étudiante et citoyenne, je rejette les élections du 4 juillet prochain, et la communauté universitaire les refuse» car,  pour Mellissa ainsi que le monde estudiantin «pas question d’aller à des présidentielles avec le même gouvernement de la fraude» a-t-elle rappelé.

Zoubida Assoul : «Le peuple est déterminé de continuer sa révolution »
Pour l’ancienne magistrate et présidente du parti de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), Zoubida Assoul, «le peuple est déterminé, plus que jamais de continuer sa révolution jusqu’à ce que le processus de la transition soit mis en place» nous a-t-elle affirmé hier, dans un appel téléphonique. «De toute manière on sait très bien et même le pouvoir sait que c’est pas possible de faire des élections présidentielles maintenant» ajoute-t-elle avant de s’interroger, donc « comment organiserdes élections ? Et avec qui ?» En poursuivant «  y a pas une instance pour organiser les élections, les juges refusent de cautionner le processus et aussi le peuple le refuse. Ça serai inefficace de les organiser» affirme-t-elle. Notre interlocutrice a affirmé qu’il est temps « de passer à une période de transition et mettre en place une vraie feuille de route ». Mettant en cause la situation économique du pays qui se dégrade de jour en jour, «le peuple revendique un pouvoir légitime, et un gouvernement de compétence nationales» lance-t-elle.

Samir Benlarbi, activiste politique: «Davantage de pression sur le pouvoir »
Pour L’activiste Samir Benlarbi le 13e vendredi sera encore plus mobilisateur que le premier du mois de Ramadhan, «la dernière marche a prouvé que le peuple algérien est capable de sortir dans 48 wilayas pour continuer son mouvement pacifique et revendiquer le départ des 2B «Bensalah, Bedoui » et appeler à organiser des élections libres rejetant celle du 4 juillet imposée par Bensalah dans sa feuille de route» nous a-t-il affirmé hier. D’après le même activiste, sortir en ce mois du Ramadhan est une « occasion pour démolir le mur de la peur en entendant des slogans comme «jeûneurs ou non jeûneurs toujours debout ».
Aussi ajoute notre interlocuteur, la marche des étudiants a boosté encore plus le mouvement et c’est la bonne preuve de la détermination du peuple», «c’est pour cela que je pense que demain sera le vendredi le plus mobilisateur » prévoit-il. En rappelant que «depuis deux semaines, il y a une absence de reponses du pouvoir aux revendications populaires» c’est pour cela qu’on assistera demain explique-t-il à «plus de pression cette fois-ci jusqu’à l’aboutissement des revendications ».
Propos recueillis par Sarah O.