L’agression américano-sioniste contre l’Iran achève le peu de droit international qui subsiste encore et enfonce davantage le monde dans une situation de non-droit où la force brutale règne en maître. L’état de droit international étant déjà en crise par le fait des tensions diplomatiques, des conflits régionaux, des luttes d’influence et des mutations géopolitiques. Même le multilatéralisme, comme alternative à tous ces problèmes, en a pris un sacré coup. Les lignes rouges ont sauté à Ghaza. Lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies est incapable d’appliquer les termes d’un cessez-le-feu qu’il a signé de ses propres mains, c’est que le monde a basculé dans des guerres cycliques où les mécanismes de règlement pacifique des crises deviennent une exception, et non plus la règle qui doit primer. Aujourd’hui, nous assistons à des conflits où tous les coups sont permis. Les rapports entre États sont assimilés à des règlements de compte. De quoi ce « retour à la jungle » a-t-il le nom ? Poussé dans ses derniers retranchements par le monde qui lutte pour l’indépendance et la libération des peuples colonisés, l’impérialisme semble renaître de ses cendres 80 ans après la naissance de l’ONU, une organisation censée préserver la paix, rétablir la sécurité, protéger les peuples et leurs droits à l’indépendance, imposer l’ordre et la loi et faire taire les armes. Tout cet héritage semble, aujourd’hui, remis en question par le recours, presque systématique, à la violence armée, comme ce fut le cas dans le Moyen-Orient où la guerre prend l’allure d’un conflit régional. L’agression américano-sioniste contre l’Iran gagne en ampleur après la riposte de Téhéran touchant les bases américaines dans les pays du Golfe. Premier massacre commis, plus de 150 personnes, dont beaucoup d’enfants, sont mortes, samedi dernier, lors d’une attaque qui a touché une école. Deux jours plus tard, soit lundi, il s’est passé un événement curieux au Conseil de sécurité dont la présidence tournante revient, faut-il le souligner, aux États-Unis d’Amérique actuellement. Alors que le président américain, Donald Trump, est engagé, aux côtés de son allié sioniste, dans une escalade militaire contre l’Iran, son épouse, Mélania Trump, s’est retrouvée, elle, à présider une séance du Conseil de sécurité. De mémoire, jamais, dans l’histoire de l’ONU, une réunion du CSNU n’avait été présidée par une personnalité qui n’a ni la qualité de diplomate ni celle de représentante officielle d’un quelconque État. Dans le fond, le sujet abordé n’est pas moins curieux. Pendant que les enfants iraniens périssent sous les bombardements – auxquels nous ne pouvons pas ne pas rappeler le même sort réservé à leurs pairs à Ghaza – la Première dame américaine dirige une séance consacrée au « sort des enfants victimes de guerre à travers le monde ». Quelle insupportable duplicité ! Quelqu’un peut-il nous expliquer ce paradoxe et cette hypocrisie dans lesquels le monde est entraîné ces jours-ci ?
Farid Guellil









































