TERRITOIRES NON-AUTONOMES : Le SG de l’ONU réitère le droit inaliénable des peuples colonisés à l’autodétermination

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a indiqué à New York que « la voix des peuples des territoires non autonomes doit être entendue », réitérant leur droit inaliénable à l’autodétermination.
Le Sahara occidental est inscrit sur la liste des territoires non autonomes. Qui plus est, il demeure en partie, sous occupation coloniale et militaire du Maroc qui continue a entraver le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui.
Selon le SG de l’Onu, dont l’intervention a déplu fortement à Rabat, « pour parvenir à la décolonisation, la voix des peuples des territoires (non autonomes) doit être entendue ». Le chef de l’ONU, qui s’exprimait à l’ouverture de la session 2019 du Comité spécial de la décolonisation, dit Comité des 24, a ajouté que la coopération de toutes les parties concernées, y compris les puissances administrantes, était essentielle pour atteindre cet objectif.
« La décolonisation est l’un des chapitres les plus importants de l’histoire de l’Organisation qui a contribué à augmenter le nombre des États membres de l’ONU de 51 à 193 aujourd’hui », a-t-il enchaîne.
Au fil des ans, ce processus a abouti à la suppression de la plupart des territoires de la liste. « Mais cette histoire est toujours en train d’être écrite », a poursuivi le chef de l’ONU. « Il y a encore 17 territoires non autonomes », qui restent à décoloniser, a-t-il dit, en réitérant le droit des peuples coloniaux de choisir librement leur statut politique. « Respectons notre devoir d’aider tous les peuples des territoires non autonomes à mener à bien leur processus de décolonisation, comme ils l’entendent », a insisté Guterres.
Rappelant qu’en tant que ressortissant portugais, il venait d’un pays autrefois opprimé par la dictature, il a souligné que ce programme de décolonisation lui tenait à cœur. D’autant que Guterres omet de le rappeler, le Portugal pays colonial, a été force à la suite de lutte de libération victorieuse de faire droit à l’Angola, au Mozambique et à la Guinée-Bissau d’accéder à l’indépendance. Le SG de l’ONU a estimé que « les succès remportés par l’ONU en matière de décolonisation au cours des décennies passées peuvent être sources d’inspiration aujourd’hui ». Guterres a félicité le Comité spécial pour ses efforts visant à soutenir les peuples des territoires non autonomes dans la réalisation de leur droit à l’autodétermination. Il a aussi relevé le rôle positif du Comité qui a effectué deux missions en Nouvelle Calédonie pour préparer le référendum de novembre dernier.
Créé, en 1961 par l’Assemblée générale de l’ONU, le Comité des 24 est chargé d’étudier l’application de la Déclaration de 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux et de formuler les recommandations sur sa mise en œuvre.
Lors de la présente session, la nouvelle présidente élue du Comité, Mme Keisha Aniya McGuire, de la Grenade, a promis de renforcer le dialogue avec les représentants des territoires non autonomes, les puissances administrantes, et toute autre partie concernée par le processus de décolonisation des 17 territoires non autonomes. Mme Keisha Aniya McGuire a succédé au président sortant, Walton Alfonso Webson, d’Antigua-et-Barbuda.
Après avoir formé son Bureau, le Comité spécial a adopté son programme de travail et relevé qu’à ce jour, aucun pays ne s’est proposé pour accueillir, cette année, son séminaire régional.
La présidente élue a imputé cette situation aux coupes budgétaires opérées ces dernières années qui ont privé le Comité de s’acquitter correctement de deux volets importants de son mandat, à savoir l’organisation de son séminaire régional et l’envoi de missions dans les territoires non autonomes.
Mokhtar Bendib